Zodiac accroît sa flexibilité financière grâce à un placement privé record

L'équipementier aéronautique a levé 535 millions d’euros sous forme de Schuldschein, plus 125 millions via un placement privé en France
Yves-Marc Le Reour

Le marché du Schuldschein continue de séduire les entreprises qui cherchent à désintermédier leur financement. Après Fromageries Bel qui a réalisé début juillet une émission inaugurale de 225 millions d’euros, Zodiac Aerospace vient à son tour d’émettre 535 millions d’euros grâce à ces «certificats de dette» de droit allemand, plus faciles à mettre en place qu’une levée obligataire classique en raison d’une documentation allégée et d’une notation de crédit non obligatoire. Durant le premier semestre 2013, environ 4 milliards d’euros ont été émis sur ce segment de marché par des entreprises non financières.

Alors qu’il avait prévu de lever seulement 200 millions d’euros outre-Rhin, Zodiac souligne que cette émission inaugurale, souscrite par des institutionnels européens et asiatiques, constitue «la plus importante opération réalisée à ce jour sur ce marché par un émetteur non domestique». Les différentes tranches de cette émission, de maturité 3, 5 et 7 ans, comprennent chacune un mélange de taux fixes et de taux variables.

«Les banques allemandes et internationales ont représenté 60% des souscriptions, devant les banques régionales allemandes (Landesbanken) et les assureurs qui y ont contribué chacun à hauteur de 13%. On trouve ensuite des entreprises non financières (11%) et certaines caisses d’épargne allemandes (3%)», précise Charles-Antoine de Fontenay, directeur debt capital market chez HSBC France.

Ce financement par Schuldschein, arrangé par HSBC et Commerzbank, a été complété par un placement privé de 125 millions d’euros à 5 ans en France, ce qui porte le total de la levée de fonds de l’équipementier aéronautique à 660 millions d’euros. Le produit de ces deux émissions «fera passer la maturité résiduelle de la dette du groupe à environ 4 ans, contre environ 2 ans jusqu’ici», confie à L’Agefi Jean-Jacques Jegou, directeur administratif et financier de Zodiac.

Sur un endettement brut de 1,15 milliard d’euros à fin février, un tiers était constitué d’échéances à moins d’un an (billets de trésorerie et découverts bancaires), le reste provenant essentiellement d’un crédit syndiqué expirant en juin 2015, monté sous forme de «club deal». Cette facilité de 1,3 milliard d’euros est assortie d’un covenant prévoyant un ratio de dette nette sur Ebitda ne dépassant pas 3 fois pour l’exercice finissant au 31 août prochain, à comparer à un niveau de 1,5 fois attendu par Zodiac.

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