Xstrata refuse le passage en force sur Anglo American
Cinq jours avant la date butoir fixée par le Takeover Panel (l’autorité britannique des fusions-acquisitions), Xstrata a tranché. Il a renoncé à la proposition de fusion entre égaux faite à Anglo American. Xstrata a beau répéter dans son communiqué que l’intérêt de marier les deux groupe «reste intact», c’est bien la cible qui vient de remporter une victoire.
Depuis la première approche en juin, Anglo American n’a cessé de marteler le peu d’intérêt financier et stratégique d’une telle transaction. Surtout le renoncement officiel de Xstrata va lui permettre de mettre en place son plan de réplique. Après la suspension de son dividende en février Anglo American avait dit vouloir mettre en place une batterie de mesures, dont des réductions d’effectifs, afin d’économiser 2 milliards de dollars d’ici à 2011.
Désormais, Xstrata est bloqué pendant une période de six mois, à moins qu’un autre groupe fasse une offre dans l’intervalle. D’ailleurs, «nous ne pensons pas que Xstrata ait définitivement tourné la page, note Liberum Capital. Reste que pour le bureau d’analyse, au vu de l’hostilité déclarée d’Anglo American, «aucune transaction ne semble possible sans un transfert important de valeur entre les actionnaires de Xstrata et ceux d’Anglo American». Xstrata ayant évoqué des synergies annuelles de 1 milliard de dollars, on peut estimer la création de valeur à près de 9,5 milliards (5,9 milliards de livres), en actualisant ce montant au taux de 10,5 %, le coût moyen pondéré du capital de la cible.
Dès le mois de juin, des actionnaires de la cible avaient même réclamé une prime de 30 %. Sur la base de la capitalisation d’hier, voisine de 29 milliards de livres, une telle prime correspondrait à une somme totale de 8,7 milliards de livres.
Que Xstrata décide ou non de revenir à la charge ultérieurement, sa décision d’hier risque de remettre sur le devant de la scène un autre dossier laissé de côté par le suisse il y a un an : Lonmin. Son renoncement à son offre de 33 livres par action (6,4 milliards de livres) l’avait bloqué pour un an. Mais depuis début octobre, il est redevenu libre d’agir. Or, Lonmin pèse aujourd’hui moins de 3,3 milliards de livres. Le mois dernier, la presse britannique rapportait déjà que le groupe avait demandé à ses banques de réfléchir à la faisabilité d’une offre.
Plus d'articles du même thème
-
Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Avec un deuxième marché domestique, la banque française répond au manque de diversification qui lui a parfois été reproché. Elle ne cache pas sa volonté de développer rapidement la banque portugaise qui fait maintenant partie du groupe. -
Les gérants estiment que seuls les marchés européens conservent un potentiel d’appréciation
Le Panel Actions peine à suivre la nouvelle progression des Bourses américaine et japonaise en mai. Le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 pourraient gagner 2,6% à six mois et au moins 5% en un an. Wall Street ne gagnerait que 3% en un an. -
TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Incassable ?Duralex, les leçons d'un échec économique et politique
Le fabricant de verres, repris par ses salariés, était devenu, pour la gauche, le symbole triomphant d'une autre vision de l'entreprise -
Stress test« Poutine joue la surenchère » : la Russie maintient sa stratégie de la tension aux frontières de l’Europe
En Roumanie, dans les pays baltes ou en Finlande, des incidents impliquant des drones se sont poursuivis ces dernières semaines -
Choix publicsPermanence, rémanence, émergence : la grille oubliée de l’action publique – et ses illusions
La puissance publique a échoué, non parce que le monde actuel serait ingouvernable, mais parce qu'elle continue à vouloir administrer plutôt qu'accompagner et s’obstine à croire qu'une société complexe peut être dirigée comme une organisation hiérarchique