Warren Buffett finit par céder aux sirènes du secteur de la technologie
IBM peut se féliciter de l’impact de son dernier rapport annuel. C’est après l’avoir étudié - «avec un regard neuf» - que Warren Buffett a décidé d’amasser en secret des actions du géant technologique américain. Un effort initié en mars qui s’est traduit au bout du compte par l’acquisition de 64 millions de titres, représentant 5,5% du capital, pour un montant de 10,7 milliards de dollars. Une participation qui le met au coude à coude avec State Street Global Advisor pour le titre de premier actionnaire.
Pourquoi le capitaine de Berkshire Hathaway, qui s'était jusqu'à présent soigneusement tenu à l'écart du secteur de la technologie, a-t-il fait tardivement volte-face ? «Ils ont établi une feuille de route et l’ont extrêmement bien suivie », a justifié Warren Buffett sur CNBC. L’oracle d’Omaha, qui dit s'être entretenu avec des spécialistes du secteur, mise sur la capacité du groupe à développer son portefeuille de clients sur les marchés émergents et à se renforcer dans les logiciels analytiques.
IBM, dirigé depuis le mois dernier par Virginia Rometty, vise un résultat opérationnel d’au moins 20 dollars par action d’ici 2015, contre une prévision de 13,35 dollars pour cette année. Le groupe peut voir ainsi dans la démarche de Warren Buffett une reconnaissance de sa stratégie visant à préférer une offre sur mesure à des produits standardisés.
Pour Berkshire Hathaway, la course aux emplettes continue. Le holding a investi près de 24 milliards de dollars au cours du troisième trimestre afin de saisir des opportunités. Il a entre autres consacré 5 milliards de dollars à Bank of America et 8,7 milliards de dollars au groupe chimique Lubrizol. Un appétit qui entame ses réserves de cash : elles sont passées de 47,89 milliards de dollars fin juin à 34,77 milliards fin septembre.
Le conseil d’administration a néanmoins autorisé fin septembre un programme de rachat d’actions «à des prix ne dépassant pas de 10% la valeur comptable» des titres à ce moment-là. Selon le dernier rapport trimestriel, les rachats d’actions se sont élevés jusqu'à fin septembre à un peu moins de 18 millions de dollars. «Le seul moment pour faire des rachats d’actions est lorsque vous pensez que votre titre se vend bien en-deçà de sa valeur intrinsèque», indiquait Warren Buffett en septembre. Pour une valeur comptable de 98,7 dollars fin juin, l’action de classe A cotait hier autour de 114 dollars.
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