Wanda signe la plus grosse acquisition d’un groupe chinois sur une société américaine
Le premier exploitant de salles de cinéma aux Etats-Unis est chinois. Après plusieurs mois de négociations, le conglomérat Dalian Wanda est parvenu à un accord avec les actionnaires d’AMC Entertainment, dont les fonds d’investissement Appolo, Bain ou bien encore Carlyle. Montant de l’opération: 2,6 milliards de dollars, dont 1,9 milliard de reprise de dette. Spécialisé dans les centres commerciaux, l’hôtellerie et les grands magasins, Wanda devient ainsi le deuxième exploitant de salles de cinéma aux Etats-Unis avec 347 complexes et un peu plus de 5.000 salles. Il détient 86 complexes en Chine avec 730 écrans.
Cet investissement surpasse le rachat en 2004 des ordinateurs personnels d’IBM par Lenovo pour un montant de 1,75 milliard de dollars. Il est d’autant plus symbolique qu’AMC opère uniquement sur le sol américain, qui plus est dans un domaine d’activité, le divertissement, pour lequel la domination américaine n’est pas à démontrer. Le réchauffement depuis le début de l’année des relations «cinématographiques» entre les deux pays a, semble-t-il, facilité l’opération. La Chine s’est engagée en février dernier à diffuser plus de films américains dans les cinémas du pays. En Chine, les entrées en salles ont généré en 2011 2,1 milliards de dollars de recettes, cinq fois moins qu’aux Etats-Unis.
Après avoir envisagé un temps à introduire en Bourse AMC afin de lever 450 millions de dollars, ses actionnaires ont opté l’an dernier pour la voie de la transaction privée. Le bilan du groupe ainsi que les pertes essuyées en 2010 et 2011, pour un montant non dévoilé, n’auraient pas facilité une mise sur le marché. «La dette est le principal problème d’AMC», a indiqué Wanda, confiant dans sa capacité à redresser les comptes. AMC a réalisé en 2011 un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dollars.
La direction du groupe chinois a promis d’investir 500 millions de dollars supplémentaires pour améliorer les équipements d’AMC et réduire sa dette. Celle-ci provient du rachat de la société en 2004 lors d’un LBO pour un montant total de 2 milliards de dollars. Il n’exclut pas non plus de procéder à une acquisition en Europe pour constituer un groupe mondial de salles de cinéma.
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