Wal-Mart divorce de Bharti en Inde et pourrait le concurrencer

Les deux partenaires dénouent leur coentreprise. Le distributeur américain restera dans le commerce de gros et devrait se lancer dans le détail
Bruno de Roulhac

Divorce dans la distribution en Inde. Le géant américain Wal-Mart et le conglomérat indien Bharti ont décidé de mettre fin à leur société commune indienne, six ans après leur alliance. Depuis un an, l’alliance semblait battre de l’aile, aucun magasin de gros (cash and carry) n’ayant été ouvert, alors que huit devaient ouvrir en 2013. De fait, leur coentreprise a été secouée par une vaste affaire de corruption ayant entrainé la suspension du directeur financier et de plusieurs salariés.

Wal-Mart ne quittera pas pour autant le sous-continent indien. Dans le cadre de leur séparation, le distributeur américain va racheter à Bharti sa participation de 50% dans Bharti Wal-Mart Pvt, qui gère une vingtaine de magasins de gros sous la marque Best Price Modern Wholesale. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.

Pour sa part, Bharti va acquérir les obligations convertibles détenues par Wal-Mart dans Cedar Support Services, contrôlé par Bharti. Le groupe américain avait déboursé 4,56 milliards de roupies (74 millions de dollars) pour acquérir ces convertibles.

Wal-Mart «va probablement continuer à se concentrer uniquement sur le commerce de gros pour le moment, selon un analyste à Bombay. Le groupe pourrait commencer à s’intéresser à la vente au détail probablement après les élections de l’an prochain». De fait, les accords de franchise existant dans le commerce de détail avec Bharti sont en train d’être dénoués. Jusqu’alors partenaires, les deux groupes devraient devenir concurrents.

D’une part, Bharti compte ouvrir sa proche chaîne de magasins de gros, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg. D’autre part, pour ouvrir des boutiques de vente au détail, Wal-Mart devrait conclure un accord avec un autre partenaire local. Il pourra détenir plus de la moitié du capital de la coentreprise, le gouvernement indien ayant autorisé l’an dernier les opérateurs de supermarchés étrangers à détenir 51% du capital. Une ouverture qui n’a pour le moment séduit aucun acteur du secteur.

De fait, les distributeurs occidentaux peinent à s’affirmer sur les marchés indiens ou chinois. En début d’année, Metro avait renoncé à vendre de l’électronique grand public en Chine, quelques mois après que Home Depot annonce la fermeture de sept hypermarchés de bricolage. Cet été, Tesco a réduit sa présence en Chine, se contentant de 20% dans la coentreprise avec un acteur public local.

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