Volkswagen veut renforcer son emprise sur MAN pour le rapprocher de Scania
Volkswagen (VW) passe à l’offensive. Le groupe de Wolfsburg a relevé sa participation dans le fabricant de poids lourds MAN de 29,9% à 30,47% du capital, ce qui le contraint de lancer une offre sur le solde des actions en circulation. VW va proposer 95 euros par action ordinaire MAN, un niveau inférieur au cours de clôture de 97,99 euros hier à Francfort, et environ 60 euros par action préférentielle.
Au vu de ces conditions peu attractives, il semble que VW ne soit pas disposé à s’imposer en force mais surtout à lever des obstacles juridiques. «Notre principal objectif dans cette opération est d’obtenir le feu vert pour le contrôle», a reconnu le directeur financier, Hans Dieter Pötsch, lors d’une téléconférence. Le groupe pourrait ainsi se satisfaire d’une participation de 35 à 40%, une opération qui lui coûterait jusqu’à 1,5 milliard d’euros. Un effort minime pour VW qui faisait état en fin d’année dernière d’une trésorerie nette positive de 17 milliards d’euros.
Objectif de la manœuvre: «ouvrir la voie à une coopération renforcée entre MAN, Scania (dont VW détient près de 50% du capital et 72% des droits de vote, ndlr) et Volkswagen, et par là-même, favoriser la mise en œuvre de synergies au bénéfice de l’ensemble des actionnaires», souligne le communiqué de VW. La mise en place d’un partenariat de fournitures pourrait ainsi permettre d'économiser environ 200 millions d’euros par an. Mais les synergies atteindraient jusqu’à un milliard d’euros dans le cadre d’un groupe intégré collaborant pleinement dans la recherche et développement.
MAN a indiqué de son côté qu’il partageait «la logique industrielle derrière une coopération renforcée avec VW et Scania». «C’est une étape qui facilite la fusion entre MAN et Scania, c’est donc positif», a ajouté un porte-parole. Un tel scénario donnerait naissance au premier fabricant européen de poids lourds, devant Volvo et Daimler. Ce projet avait été mis en sourdine jusqu’à présent en raison des déboires judiciaires impliquant Ferrostaal, une ancienne filiale de MAN rachetée par le fonds souverain d’Abou Dhabi. Mais la perspective d’économies de coûts, alors que VW poursuit de son côté une fusion avec Porsche, semble l’avoir emporté.
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