Volkswagen va pouvoir accélérer le rapprochement entre Man et Scania
Volkswagen reprend les choses dans l’ordre. Le constructeur automobile s’est assuré la majorité du capital de Man, le constructeur de poids lourds qu’il souhaite rapprocher de son autre filiale dans le secteur, le suédois Scania. Grâce à l’offre publique lancée en mai, le groupe allemand est monté à 55,9% du capital de Man, contre un peu moins de 32% auparavant. Les achats de titres ont coûté environ 3,5 milliards d’euros à Volkswagen.
Le passage des 50% était crucial. Désormais majoritaire, le constructeur automobile pourra en effet déterminer la composition du conseil de surveillance du groupe de poids lourds, et engager le rapprochement. Il y a dix jours, à la demande de la Commission européenne, Volkswagen avait été contraint de retirer sa proposition de nommer trois administrateurs au conseil de Man, car il n’avait pas le contrôle officiel. Le processus maintenant rentré dans l’ordre, le groupe devrait soumettre, dans les prochaines semaines, à la Commission, sa demande formelle de prise de contrôle de Man.
«Volkswagen est plus que satisfait du résultat» de l’offre publique, se réjouit le président du directoire de Volkswagen, Martin Winterkorn. «En conséquence, nous nous rapprochons de notre objectif de fortes synergies entre Man, Scania et Volkswagen», ajoute-t-il.
La direction de Man était peu convaincue des aspects financiers de l’offre de Volkswagen. Le conseil de surveillance du constructeur de camions, indépendant depuis 250 ans, avait indiqué que les prix de 95 euros par action ordinaire Man et 59,9 euros par action préférentielle étaient insuffisants. Il avait recommandé aux actionnaires de ne pas l’accepter. Il se range aujourd’hui à l’avis des actionnaires. «La coopération entre Volkswagen et Scania entre dans une phase nouvelle et offensive», a déclaré un porte-parole de Man.
L’opération, qui valorise Man 13,8 milliards d’euros, doit permettre à Volkswagen de créer le premier constructeur européen de poids lourds, avec environ 30% du marché, devant Daimler et Volvo (21% chacun). Dans un premier temps, le constructeur souhaite mettre en place un partenariat de fournitures entre Man et Scania qui pourrait permettre d'économiser environ 200 millions d’euros par an. Mais, à moyen terme, le potentiel de synergies pourrait atteindre un milliard d’euros.
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