Volkswagen alimente le dynamisme du marché des convertibles
Volkswagen aime définitivement les obligations convertibles. Après les 2,5 milliards d’euros levés en novembre 2012, le premier constructeur automobile européen a ajouté 1,2 milliard d’euros hier à cette ligne. L’opération, dirigée par JPMorgan, vise à refinancer le rachat du groupe de poids lourds Man et à soutenir l’investissement dans de nouvelles usines.
Compte tenu de la capacité de Volkswagen à se financer dans de très bonnes conditions sur le marché obligataire classique, l’abondement d’hier a toutefois surpris. Selon un bon connaisseur du dossier, cette nouvelle émission pourrait s’expliquer par la volonté du fonds Qatar Holding de renforcer son exposition, même indirecte, au capital de Volkswagen. Qatar Holding détient déjà 16,4% du groupe allemand.
Au-delà des raisons internes à Volkswagen, cette nouvelle émission illustre le dynamisme de ce marché, malgré un creux en avril en pleine période de publication des résultats annuels 2012. Depuis le début de l’année, 28 émissions dites «equity linked» ont été réalisées en Europe : 21 obligations convertibles et obligations échangeables. En plus de Volkswagen, le groupe belge Cofinimmo a placé 175 millions d’euros hier. L’activité est également extrêmement nourrie aux Etats-Unis, avec 13,6 milliards de dollars placés depuis le début de l’année, quasiment deux fois plus que l’an dernier à pareille époque.
La configuration actuelle, entre des taux au plus bas et des marchés actions orientés à la hausse, est favorable à ce produit hybride. «Les obligations convertibles permettent aux émetteurs d’obtenir un financement à des conditions attractives. Elles peuvent également servir à renforcer le bilan de manière offensive, par exemple en préparant la société à des opérations futures de croissance externe», explique Antoine de Guillenchmidt, responsable du marché des convertibles en Europe chez Goldman Sachs.
La seconde explication est à chercher du côté de la demande. «Une partie des obligations convertibles émises en 2009 ont expiré ou se rapprochent de leur maturité. Les investisseurs spécialisés sont à la recherche de nouveaux titres, ce qui explique une partie de la demande actuelle», explique Bruno Magnouat, responsable global de l’equity linked à la Société Générale. Une demande qui permet aux émetteurs d’obtenir des conditions plus favorables.
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