Vodafone va devoir céder 5,5% de sa filiale indienne Essar à Piramal Healthcare
Vodafone est contraint à des contorsions financières pour se conformer à la réglementation indienne dans les télécoms. Celle-ci interdit en effet toujours à un opérateur étranger de détenir plus de 74% d’un opérateur mobile domestique. Or, le groupe de télécoms britannique aurait légèrement dépassé ce seuil après le rachat, annoncé début juillet, de la participation de 33% détenue à travers plusieurs filiales par son partenaire Essar dans leur coentreprise en Inde pour 5,5 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros).
Il va donc céder 5,5% du capital de Vodafone Essar au groupe pharmaceutique indien Piramal Healthcare pour «environ 640 millions de dollars». Ce montant valorise l’opérateur mobile indien 11,6 milliards de dollars contre 15 milliards si l’on se réfère à la transaction annoncée début juillet. Cette différence de prix s’explique par le fait que l’entrée de Piramal au capital de l’opérateur indien devrait être temporaire, le groupe pharmaceutique effectuant une opération de portage afin de permettre à Vodafone de respecter la loi indienne. L’accord entre les deux groupes prévoit d’ailleurs «plusieurs possibilités de sortie pour Piramal, qui pourra participer à une mise en Bourse future de Vodafone Essar ou revendre sa participation à Vodafone».
Il est à noter que le prix de 5,5 milliards conclu en juillet avec Essar, dont 30% sera déboursé en février 2012, inclut une retenue à la source de 900 millions de dollars payée par Vodafone «sous toutes réserves», car il en a contesté l’application auprès des autorités indiennes. Il fait de surcroît toujours face à un contentieux fiscal de 2,5 milliards de dollars portant sur le rachat en avril 2007 de la participation d’Hutchinson dans Essar pour 10,7 milliards de dollars.
Il est d’autant plus dommage pour Vodafone de voir son développement bridé en Inde que son chiffre d’affaires y a progressé de 16,8% au dernier trimestre, à 650 millions de dollars, et que son cash flow d’exploitation y est positif en dépit d’une concurrence élevée. Le dynamisme du marché indien est lié à l’explosion des revenus des transmissions de données et au fait qu’il est loin d’être saturé. Selon Gartner, le nombre d’abonnés mobiles devrait atteindre 993 millions d’ici à 2014, soit un taux de pénétration inférieur à 45%.
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