Vodafone subit de plein fouet la dégradation de ses affaires en Europe du Sud
Vodafone a soufflé le chaud et le froid hier. L’opérateur télécoms britannique a concédé que sa performance d’ensemble au cours du premier semestre fiscal au 30 septembre se révèle «légèrement inférieure à (ses) attentes». Il s’attend au maintien d’un tel climat pour le semestre en cours.
Sous le coup d’une première baisse (-1,4% en organique) en dix trimestres des ventes de services sur trois mois à fin septembre, le chiffre d’affaires total de Vodafone a concédé sur le semestre écoulé un repli publié de 7,4% à 21,8 milliards de livres (27,3 milliards d’euros). En organique toutefois l’indicateur progresse de 0,2%.
Une dichotomie constatée dans le détail en Europe du Sud et centrale (45% du total, respectivement -2,0 et +1,5%) et sur les marchés émergents (Afrique, Moyen-Orient et Asie-Pacifique, 30% du total, respectivement -5,1 et +5,2%), pénalisés notamment par le ralentissement en Inde ou en Afrique du Sud, alors que l’Europe du Sud tirait l’activité du groupe à la baisse (25% du total, -18,1 et -9,8%). Des «conditions de marchés difficiles» sur cette dernière zone, qui ont incité le groupe à reconsidérer la valeur de ses actifs et à enregistrer une lourde charge de dépréciation d’actifs en Italie et en Espagne pour 5,9 milliards de livres. En dépit d’un résultat opérationnel ajusté en hausse de 8,5% à 6,2 milliards, cette charge en Europe du Sud fait plonger le résultat net dans le rouge à hauteur de 1,9 milliard.
Véritable rayon de soleil, la performance de la coentreprise américaine Verizon Wireless (détenue à 45%, aux côtés de Verizon Communications), dont Vodafone attend d’ici à fin 2012 le versement d’un dividende de 2,4 milliards. Le groupe britannique en a profité pour annoncer le lancement d’un plan de rachat de titres de 1,5 milliard dès réception de ce dividende, en dépit des incertitudes opérationnelles planant dans le monde.
Proposant qui plus est un relèvement de 7% de l’acompte sur dividende, à 3,27 pence, le groupe se dit certes par la voix de son directeur général Vittorio Colao «très confiant sur les perspectives à plus long terme». Pour l’heure, Vodafone a ajusté à la marge ses prévisions, en misant pour l’ensemble de l’exercice sur un résultat opérationnel et sur une génération de liquidités respectivement dans la moitié basse et la moitié haute des estimations dévoilées précédemment (11,1 à 11,9 milliards et 5,3 à 5,8 milliards).
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