Vodafone ne pourra pas faire concurrence à SFR pendant trois ans

En vendant ses 44 % dans l’opérateur, le britannique a signé une clause de non-concurrence. De quoi expliquer une partie de la prime payée par Vivendi
Olivier Pinaud
Photo: Jason Alden/Bloomberg
Photo: Jason Alden/Bloomberg  - 

Une fois vendue la participation de 44% dans SFR, nombreux étaient les industriels des télécoms et les analystes à penser que Vodafone reviendrait sur le marché français via l’acquisition de Bougues Telecom voire d’Iliad, dont les valeurs estimées sont largement compatibles avec les 7,9 milliards d’euros reçus de Vivendi. Cette hypothèse ne verra pas le jour, en tout cas pas au cours des trois prochaines années. En vendant à Vivendi son bloc de 44% au capital de SFR, l’opérateur britannique a en effet signé une clause de non-concurrence envers le groupe français, a appris L’Agefi. D’une durée de trois ans, l’accord a été négocié parallèlement à la reconduction, pour trois ans également, de la licence commerciale entre SFR et Vodafone. Vivendi ne fait pas de commentaire.

La France fera donc figure de «village gaulois» pour le Britannique, aujourd’hui présent dans tous les grands pays d’Europe (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique…). L’exposition de l’opérateur en France, deuxième marché d’Europe, se résumera donc au pourcentage de revenus que lui versera chaque année SFR, notamment pour l’usage de la marque Vodafone dans certains services mobiles ou le transit de communications à l’international (roaming). Ce chiffre n’est pas divulgué par Vivendi. Mais en 2010, le groupe a reversé 43 millions d’euros à Vodafone dans le cadre des accords de coopération et les flux d’interconnexion existants.

Cette clause de non-concurrence, qui contribue à protéger la valeur de l’actif SFR, peut expliquer une partie de la prime payée par Vivendi pour racheter à Vodafone les 44% qui lui manquaient au capital de SFR (L’Agefi du 5 avril). En fermant une piste de réinvestissement des 7,9 milliards d’euros reçus de Vivendi, la clause peut expliquer aussi pourquoi Vodafone a décidé, dès la signature officielle de l’opération en juin prochain, de consacrer près de 60% de la somme perçue à un nouveau programme de rachats d’actions de 4,5 milliards d’euros, un montant supérieur aux attentes des analystes.

L’engagement de Vodafone à ne pas investir en France pendant trois ans fera enfin retomber une partie de la prime spéculative qui pouvait s’appliquer à Bouygues Telecom et à Iliad. Lundi, après l’annonce du rachat de SFR, l’action Bouygues a progressé de 0,44% et celle d’Iliad de 0,84 %, portées aussi par le multiple de valorisation appliqué à SFR, de 6,5 fois l’excédent brut d’exploitation estimé pour 2011.

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