Vodafone ne fait pas du rachat de Cable & Wireless Worlwide une question d’argent
Avec près de 1,5 milliard de livres de trésorerie disponible générée chaque trimestre, Vodafone ne ferait qu’une bouchée de Cable & Wireless Worldwide (CWW). Même après son envolée de 44% à la Bourse de Londres hier, dans la foulée de la confirmation de l’intérêt que lui porte l’opérateur de téléphonie mobile, sa capitalisation boursière n’est que de 783 millions de livres. L’opérateur de télécoms pour les entreprises reste une affaire «bon marché». A ce prix, et en ajoutant 98 millions de livres de dette nette, la valeur d’entreprise de CWW représente deux fois son Ebitda pour l’exercice en cours. Vodafone affiche pour sa part un multiple de 5,3 fois.
S’il venait à lancer une offre formelle sur CWW d’ici au 13 mars, date limite fixée par la réglementation boursière britannique, Vofafone prendrait donc un risque financier limité. L’intérêt de l’opération ne fait pourtant pas l’unanimité. Avec ses 385 millions de livres d’Ebitda annuels, la cible n’augmenterait que de 2% le résultat opérationnel de Vodafone. Le groupe se renforcerait principalement en Grande-Bretagne, alors que ce pays ne représente plus que 8% de ses bénéfices. Enfin, Vodafone mettrait la main sur une entreprise en plein doute. CWW a «usé» deux directeurs généraux en moins d’un an et a émis trois avertissements sur résultats depuis sa séparation en 2010 avec Cable & Wireless Communications, l’ancienne division grand public du groupe.
Le principal intérêt de l’opération serait industriel. CWW exploite l’un des plus importants réseaux de fibre optique en Grande-Bretagne, une infrastructure qui permettrait à Vodafone de faire transiter plus rapidement et à moindre coût le trafic de ses clients dont les smartphones consomment de plus en plus de données. La direction de l’opérateur britannique ne s’est d’ailleurs pas caché ces derniers mois de sa volonté d’acquérir, ici ou là, des infrastructures fixes pour compléter son réseau mobile, alors qu’elle est aujourd’hui contrainte de louer des capacités de transport.
Mais Vodafone ne sera peut-être pas le seul à faire une offre. Des fonds d’investissement, le nom d’Apax Partners a été cité, pourraient s’intéresser au dossier. CWW s’est adjoint les services de Rothschild et de Barclays Capital pour étudier les éventuelles approches.
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