Vodafone devrait profiter des ventes de l’iPhone par Verizon Wireless aux Etats-Unis

L’opérateur britannique relève légèrement sa prévision annuelle de bénéfice d’exploitation après un chiffre d’affaires solide à fin décembre
Yves-Marc Le Reour

Si les investisseurs s’attendaient à du nouveau concernant la cession de la participation de Vodafone dans SFR, ils seront restés sur leur faim. Le directeur financier Andy Halford, qui présentait hier l’activité de l’opérateur mobile britannique sur la période d’octobre à décembre 2010, a en effet déclaré qu’il n’y avait «pas de changement» concernant son éventuel désengagement du marché français via la cession à Vivendi des 44% dans SFR. En guise de consolation, Vodafone a relevé sa prévision de bénéfice d’exploitation annuel à fin mars 2011 dans le haut de la fourchette précédemment annoncée, qui était comprise entre 11,8 et 12,2 milliards de livres.

Ce nouvel objectif ne tient pas compte de l’impact du lancement cette semaine de l’iPhone par l’opérateur américain Verizon Wireless, détenu à 45% par Vodafone, qui met fin à l’exclusivité d’AT&T sur le terminal d’Apple en vigueur aux Etats-Unis depuis 2007. «Nous tablons sur des ventes d’iPhones importantes pour Verizon au cours des prochains mois, ce qui devrait se traduire favorablement sur les marges et sur la part de bénéfices qui reviendra à Vodafone», pronostique Robin Bienenstock, analyste chez Sandford Bernstein.

Sur son troisième trimestre achevé fin décembre, le groupe britannique affiche un chiffre d’affaires total de 11,89 milliards de livres, en hausse de 3% en données publiées et de 3,5% en termes organiques. «C’est le cinquième trimestre consécutif d’amélioration de la croissance du chiffre d’affaires des services, avec des résultats solides de l’Inde, de la Turquie, du Royaume-Uni et de l’Afrique du Sud», a déclaré le directeur général du groupe, Vittorio Colao.

Le chiffre d’affaires généré par ses services d’opérateurs, qui représente 92% du total, a progressé de 2,5%, soit légèrement plus qu’attendu. Il a bénéficié de la hausse de 26% des revenus émanant des échanges de données, portés par l’explosion des communications à partir de terminaux mobiles, en premier lieu dans les pays développés. Ceci a permis au groupe britannique de compenser le repli global de 2,7% des revenus émanant des communications vocales. Si l’Europe est tout juste parvenue à stabiliser son chiffre d’affaires, les pays émergents ont fait grimper celui-ci de 9,3% en organique sur la zone Afrique, Moyen-Orient et Asie-Pacifique.

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