Vivendi va s’appuyer en priorité sur ses forces internes
Vincent Bolloré a bien fait de se renforcer récemment au capital de Vivendi, pour en détenir désormais 14,52%. Sa montée en puissance a fortement pesé dans le rejet de la résolution déposée par PhiTrust qui visait à empêcher la mise en place dans les statuts de Vivendi du dispositif de droits de vote double instauré par la loi Florange. La résolution de PhiTrust a recueilli 402,5 millions de voix lors de l’assemblée générale de vendredi, sur un total de 803,2 millions, soit 50,11% des voix.
Mais pour être adoptée, la démarche de PhiTrust aurait dû obtenir la majorité des deux tiers. Le texte «favorise de fait les investisseurs voulant exercer le contrôle d’une société cotée sans payer de prime de contrôle», a plaidé Denis Branche, représentant de PhiTrust, avant le vote des actionnaires.
«Je suggère que les actionnaires qui veulent peser restent deux ans», a répondu Vincent Bolloré, selon lequel patienter deux ans pour bénéficier des droits de vote double «n’est ni l'éternité, ni épouvantable». «Le temps c’est ce qui permet aux affaires de progresser», a ajouté le président du conseil de surveillance.
D’ailleurs, le respect du temps prévaudra chez Vivendi. Vincent Bolloré a bien fait comprendre hier que le groupe, malgré sa trésorerie plantureuse, ne se lancerait pas dans une stratégie de fuite en avant. «La phase des cessions est presque terminée, à mon avis dans de très bonnes conditions», a expliqué Vincent Bolloré. Mais «la deuxième partie de la mission de développement dans les contenus est plus compliquée, car cela intéresse tout le monde» et notamment «énormément de groupes puissants». Conséquence, selon Vincent Bolloré, il y a «peu chance dans le monde actuel de trouver des affaires à la moitié de leur prix». Dans ce contexte, le groupe privilégiera les synergies entre ses propres métiers et s’appuiera sur les accords avec les opérateurs télécoms, comme Telefonica et Telecom Italia, pour distribuer à plus grande échelle les contenus produits par Canal+ et Universal Music Group.
Des acquisitions comme celle de Dailymotion, en cours de négociation avec Orange pour 217 millions d’euros, pourraient néanmoins venir compléter le groupe. Un comité stratégique se réunira le 12 mai pour discuter d'éventuels projets, a indiqué Vincent Bolloré.
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