Vivendi se concentre sur ses télécoms avant toute autre chose
Jean-François Dubos, le président du directoire de Vivendi, ne veut pas «confondre rapidité et précipitation». Un mois après avoir annoncé coup sur coup la vente de ses participations dans Maroc Telecom et Activision Blizzard, le groupe de télécoms et de médias veut se donner le temps de la réflexion pour utiliser au mieux les quelque 10 milliards d’euros que généreront ces deux opérations. «Nous sommes toujours au milieu du processus. D’autres décisions seront annoncées en temps voulu», a assuré Jean-François Dubos. Selon Philippe Capron, le directeur financier de Vivendi, toutes les pistes sont ouvertes: «Ces cessions nous donnent une grande marge de manœuvre pour faire n’importe quel type de restructuration qui serait envisagée par le conseil, de même que pour organiser des retours en numéraire.» La direction n’a pas souhaité en dire plus.
En attendant une éventuelle acquisition dans les médias pour accélérer le virage stratégique préconisé par Vincent Bolloré, le premier actionnaire individuel du groupe, Vivendi se concentre sur ses nombreux chantiers internes, essentiellement dans les télécoms. L’Ebitda de SFR a plié de 16,3% au deuxième trimestre à 768 millions d’euros, le gain de nouveaux clients (+5,8% en un semestre) et les économies ne permettant toujours pas de compenser l’effet de la baisse des prix. En un an, le revenu moyen par abonné (Arpu) a chuté de 14%. La prévision d’Ebitda pour 2013 de SFR a même été revue à la baisse à 2,8 milliards d’euros contre 2,9 milliards précédemment.
Autre préoccupation: GVT. La filiale brésilienne de Vivendi subit la montée de la concurrence des autres opérateurs de télécoms et de télévision payante. Ses revenus par ligne installée, dans la téléphonie et le haut débit fixe, ont baissé respectivement de 10% et de 5% au premier semestre. Le potentiel de développement du marché continue de porter le chiffre d’affaires cumulé (+14% en monnaie locale). Mais l’Ebitda (354 millions d’euros) ne couvre toujours pas les investissements (479 millions). Le groupe a réaffirmé que sa filiale s’autofinancera d’ici à la fin 2013. La violente dépréciation du réal brésilien constitue un handicap supplémentaire au moment de la conversion de ses comptes. Un contexte qui pourrait peser en fin d’année lors du passage en revue de la valeur de l’actif. GVT portait à lui seul 2 milliards d’euros d’écarts d’acquisition fin 2012.
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