Vivendi presse le pas dans ses cessions d’actifs
La revue stratégique menée chez Vivendi depuis plus d’un an débouche enfin sur des décisions concrètes. Quelques jours après l’annonce de la cession probable à Etisalat de sa participation de 53% dans Maroc Telecom, le groupe de communications a indiqué qu’il allait vendre d’ici fin septembre la plus grande partie des 61,1% détenus dans sa filiale américaine Activision Blizzard, pour près de 8,2 milliards de dollars (6,2 milliards d’euros). Vivendi s’est engagé à conserver durant quinze mois une participation résiduelle de 12% au capital du leader mondial des jeux vidéo.
La majorité des actions cédées, correspondant à 38,3% du capital, sera rachetée par Activision pour un peu plus de 5,8 milliards de dollars payés en numéraire, tandis que l’autre partie (15,4% du capital) sera vendue pour environ 2,3 milliards à un consortium d’investisseurs (ASAC LP) mené par l’actuel directeur général du groupe américain, Bobby Kotick, et son co-fondateur, Brian Kelly.
Le prix de cession de 13,6 dollars par action «fait apparaître une décote de 10,4%» par rapport au cours de clôture d’Activision Blizzard de 15,2 dollars jeudi dernier, relèvent les analystes de CM-CIC Securities. Correspondant à une valeur d’entreprise de 8,9 fois le bénéfice d’exploitation du groupe pour 2013 selon leurs estimations, ce prix fait même ressortir une décote de 16% par rapport à la valorisation de son concurrent Electronic Arts qui atteint 10,6 fois sur ce même ratio.
Lors d’une conférence téléphonique, le directeur financier de Vivendi, Philippe Capron, également président du conseil d’administration d’Activision, a rappelé que le groupe français «a investi à ce jour 2,6 milliards de dollars dans les jeux vidéo et qu’il en a perçu en retour depuis 2009 un montant cumulé de 900 millions de dollars via des dividendes et des cessions de titres». Selon lui, l’opération «ne devrait pas poser de problème de concurrence» et elle sera faiblement taxée en France et aux Etats-Unis. La transaction devrait par ailleurs conduire à une relution du bénéfice par action d’Activision comprise entre 23 et 33%, sur la base de chiffres «non-GAAP».
Le produit de cession servira en premier lieu à renforcer le bilan du groupe français afin de maintenir sa notation de crédit en catégorie investissement (BBB+/Baa2 actuellement). Le conseil de surveillance déterminera ultérieurement l’utilisation et l’affectation du solde. «En tenant compte de la déconsolidation de la trésorerie nette d’Activision, l’opération se traduit par un désendettement de 2,7 milliards d’euros environ pour le groupe, sachant que la cession de Maroc Telecom réduit la dette à environ 9 milliards: la dette résiduelle serait donc d’environ 6,3 milliards d’euros», calcule-t-on chez CM-CIC Securities.
Etant donné qu’Activision a représenté au premier trimestre un tiers du résultat d’exploitation du conglomérat français, Wilton Fry, analyste chez BoA Merrill Lynch, table sur «une dilution substantielle du bénéfice par action et du cash flow libre» de Vivendi, qui pourrait donc entraîner une baisse de son dividende.
Concernant l’opérateur de télécoms GVT au Brésil, Philippe Capron s’est contenté d’indiquer que le processus de vente était toujours suspendu. Un désengagement de SFR via une cession, une mise en Bourse ou une scission reste à l’étude pour l’an prochain.
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