Vivendi prend les devants pour refinancer sa dette obligataire
La crise bouscule les habitudes des grands groupes. Et les pousse à prendre de plus en plus de précautions. Vivendi vient ainsi de boucler en quelques semaines le refinancement de l’ensemble de sa dette obligataire arrivant à maturité à moins d’un an. «Cette marge de sécurité est bien plus importante qu’avant la crise où il était possible d’attendre 2 à 3 mois avant l’échéance pour se refinancer. Mais elle est plus nécessaire que jamais, compte tenu du risque de liquidité bancaire et de la rapidité avec laquelle les fenêtres de marché obligataire s’ouvrent et se referment», explique à L’Agefi, Dominique Gibert, le directeur financier adjoint de Vivendi.
Le groupe de télecoms et de médias a ainsi placé 2 milliards de dollars d’obligations au début du mois en trois tranches: 550 millions échéance 2015 à 2,4%, 650 millions à horizon 2018 avec un coupon de 3,45% et 800 millions à 4,75% échéance 2022. «Les taux longs américains sont très bas. Nous avions intérêt à chercher des maturités à 10 ans», reconnaît Dominique Gibert. Une partie du produit, 700 millions de dollars, a servi à financer l’offre publique de rachat sur les obligations qui arrivaient à échéance l’an prochain. Vivendi devrait ainsi ne pas avoir besoin de se représenter sur le marché avant 2013.
En s’adressant aux investisseurs américains, Vivendi cherche aussi à réduire le poids de l’euro. «Après ces opérations, les souches en dollars représentent environ 20% de notre dette obligataire, contre 10% précédemment. Notre objectif est de maintenir voire d’augmenter encore un peu cette proportion, le marché américain offrant une plus grande profondeur avec des maturités allant de 3 à 30 ans alors que l’Europe dépasse rarement les 10 ans», précise le dirigeant.
Dominique Gibert poursuivra donc son travail sur la dette en 2013 : «Nous pourrions augmenter la proportion de dette obligataire à 70% du total de la dette tirée mais il nous faut garder une part de dette bancaire suffisante pour financer les besoins en fonds de roulement. 100% d’obligataire nécessiterait de placer le cash dans des produits de trésorerie, ce qui serait trop cher et trop risqué». Fin 2011, Vivendi portait une dette nette de 12 milliards d’euros, dont un peu plus de 80% d’origine obligataire. Son coût s’élevait à 3,87%, contre 4,09% en 2010. Les dernières opérations ont permis de l’abaisser un peu plus, assure Dominique Gibert, sans donner d’indication chiffrée.
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