Vivendi place ses pions dans les télécoms et les médias italiens
Déjà actionnaire de Mediobanca et de Generali, Vincent Bolloré accroît son influence en Italie par l’entremise de Vivendi. Le groupe de médias, dont Bolloré détient un peu plus de 15% du capital, va devenir le premier actionnaire de Telecom Italia, avec 8,3% des titres. Une participation obtenue grâce à la vente de GVT à Telefonica, l’actuel premier actionnaire de Telecom Italia.
L’accord annoncé durant l’été 2014 mais définitivement conclu vendredi prévoyait en effet une partie en numéraire pour 4,2 milliards d’euros avant impôts, estimés à 600 millions, et une partie en titres Telefonica Brasil (Vivo) à hauteur de 12%. C’est ce bloc qui sera partiellement échangé contre des titres Telecom Italia. Egalement actionnaire de l’opérateur italien, Mediobanca et Generali ont prévu de quitter le capital prochainement.
Avec ce mouvement à plusieurs bandes qu’affectionne particulièrement Vincent Bolloré, Vivendi va devenir incontournable dans le jeu de consolidation qui se profile dans les télécoms italiens. Hutchison Whampoa a confirmé mi-mai avoir engagé des discussions avec le russe Vimpelcom en vue de regrouper leurs activités de téléphonie mobile italiennes dans une coentreprise. Une fusion entre 3 Italia et Wind ramènerait le nombre d’opérateurs mobiles en Italie de quatre à trois, ce qui réduirait la concurrence sur les prix et permettrait à Telecom Italia et à d’autres d’augmenter leurs marges, à l’instar de ce qui s’est passé en Allemagne, en Autriche ou encore en Irlande.
Cette participation dans Telecom Italia offre également à Vivendi une place de premier choix pour entrer dans les médias italiens. Si un rachat de Mediaset, le groupe de Silvio Berlusconi, paraît peu probable, les analystes de Bernstein reconnaissaient récemment «la logique d’un rapprochement entre Vivendi et Premium, la chaîne de télévision payante de Mediaset». Telecom Italia disposerait de contenus à diffuser et Vivendi pourrait offrir le savoir-faire de Canal+ pour améliorer le revenu moyen par abonné de Premium. Celui-ci s’élève à 24 euros par mois contre 53 euros pour Sky Italia, le grand concurrent de Premium.
En réponse à la rumeur, Pier Silvio Berlusconi, le vice-président de Mediaset, avait dernièrement reconnu voir des «possibilités de travailler ensemble» avec Vivendi mais avait indiqué ne préparer aucun projet concret à brève échéance.
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