Vivendi peut acheter les blocs dans SFR et Canal+ sans menacer sa note chez Fitch
Vivendi peut envisager un peu plus sereinement le rachat des 44% détenus par le britannique Vodafone au capital de SFR. Fitch a déclaré hier que cette opération n’affecterait pas la note du groupe de communication, actuellement à BBB. Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi, a toujours fait du maintien de la notation une condition indispensable à toute opération financière.
Pour répondre aux interrogations de plus en plus pressantes des investisseurs, les analystes de Fitch ont mené leurs calculs en prenant comme hypothèse pour SFR un multiple de valeur d’entreprise sur Ebitda allant jusqu’à 6,5 fois, soit le haut de la fourchette du secteur des télécoms en Europe. Avec ce multiple, la reprise par Vivendi des 44% dans SFR représenterait, dette comprise, un montant de 10,5 milliards d’euros. Un chiffre qui pourrait néanmoins être inférieur selon plusieurs analystes. Les spécialistes crédit de Tullet Prebon prennent ainsi «l’hypothèse d’un montant d’acquisition de 9 milliards d’euros». Dans ce cas, «le ratio dette nette sur Ebitda publié pro forma à fin septembre 2010 ressortirait à près de 1,8 fois contre 1,1 fois actuellement, ce qui nous paraît encore en ligne avec la catégorie de rating», indiquent-ils.
Mais Fitch va plus loin. Selon l’agence, le groupe aurait même les moyens de mener de front, «sous certaines conditions, le rachat des 44% de SFR et celui des 20% qu’il ne détient pas dans Canal + France». On parlerait alors de près de 12 milliards d’euros au total. Selon Fitch, pour payer une telle somme, Vivendi pourra compter, outre ses liquidités (2,4 milliards au 30 septembre), sur les 3,8 milliards de dollars qu’il touchera de NBC lorsque la fusion avec Comcast sera acceptée outre-Atlantique et sur l’indemnité de 1,25 milliard d’euros liée à la fin du litige avec Deutsche Telekom en Pologne.
Ensuite, toujours selon l’agence, ces deux opérations lui permettront d’avoir un meilleur accès au cash de ses deux filiales, de bénéficier d’une meilleure intégration fiscale et d’améliorer sa gestion opérationnelle. Au terme de cette analyse, et avec ces hypothèses, Fitch indique que la dette nette ajustée de Vivendi ne représentera pas plus de 2,5 fois l’Ebitda du groupe, un niveau compatible avec la notation actuelle.
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