Vivendi atteint un objectif stratégique en mettant la main sur 100% de SFR
Vivendi et Vodafone ont trouvé un terrain d’entente. Le premier rachètera au second, d’ici fin juin sous réserve des autorités de la concurrence, les 44% qu’il ne détient pas encore au capital de SFR, pour 7,95 milliards d’euros, selon un accord signé hier. Ce montant, attendu par les analystes entre 7 et 8 milliards, comprend une part de 200 millions d’euros «au titre de la génération de trésorerie entre le 1er janvier et le 1er juillet 2011». Outre cette «somme forfaitaire», le prix de 7,75 milliards d’euros correspond selon Vivendi à «6,2 fois l’Ebitda 2010 de SFR». Vodafone réclamait un multiple de 6 environ. Le prix consenti devrait permettre à Vivendi de préserver sa notation financière, Fitch ayant récemment indiqué que cette dernière ne souffrirait pas jusqu’à un multiple de 6,5. Robin Bienenstock chez Sanford Bernstein estime toutefois que le prix est «bien meilleur qu’attendu» au bénéfice de Vodafone, l’analyste avançant une valorisation traditionnelle sur les marchés télécoms matures oscillant entre 5,1 et 5,3 fois l’excédent brut d’exploitation.
Vivendi a tenu à préciser que la coopération commerciale avec l’opérateur britannique sera prolongée pendant les trois prochaines années.
Le président du directoire de Vivendi, Jean-Bernard Lévy, n’a certes pas masqué son plaisir de réaliser ainsi un «objectif stratégique», qui permettra au groupe de «mieux se concentrer sur la croissance rentable et l’innovation» et ne manquera pas d’«entraîner une progression importante du résultat net ajusté de Vivendi et un relèvement du dividende pour nos actionnaires».
La transaction permet en parallèle à Vodafone de poursuivre son recentrage par la cession des participations minoritaires. Le groupe a indiquéhier qu’il engagerait un programme de rachat de titres de 4 milliards de livres correspondant à 60% du produit de l’opération, le solde devant être consacré au désendettement.
Vivendi avait empoché fin janvier dernier 5,8 milliards de dollars en cédant sa participation dans le groupe américain NBCU, une opération alors perçue comme le dernier verrou au rachat de la totalité de SFR. Le groupe français n’exclut pas par ailleurs de racheter auprès de Lagardère les 20% qui lui manquent dans le groupe de télévision payante Canal+ France. La priorité de Vivendi est bel et bien de prendre le contrôle total de ses actifs.
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