Vivendi a résolu l'équation financière pour acheter les 44 % détenus par Vodafone chez SFR
Annoncé depuis des années, le rachat par Vivendi de la participation de 44% détenue par Vodafone au capital de SFR devrait enfin se concrétiser dans les toutes prochaines semaines. Hier, le quotidien britannique Daily Mail indiquait que la direction de Vodafone était disposée à engager des négociations avec son partenaire français. De son côté, celui-ci répète depuis plusieurs mois qu’il est légitimement acheteur de ce bloc de 44% qui lui permettrait de détenir l’intégralité de l’opérateur de téléphonie mobile. A condition, martèle Vivendi, que cela soit au juste prix.
«L’opération est acceptable et fait du sens pour les actionnaires jusqu’à un multiple de valorisation de 6 fois l’Ebitda, en valeur d’entreprise», indiquaient récemment les analystes d’Exane BNP Paribas. A ce niveau, le rachat des 44% coûterait 6,8 milliards d’euros à Vivendi, 9,7 milliards d’euros avec la reprise de dette. En intégrant la totalité des résultats de sa principale filiale, et en économisant une partie des 70 millions d’euros de commissions de management qu’il verse chaque année à Vodafone, Vivendi améliorerait de 15,6% son bénéfice par action sur la période 2011-2013. Enfin, la détention à 100% de SFR permettrait d’économiser 350 millions d’euros de dividendes actuellement versés à Vodafone ce qui, selon la direction de Vivendi, ouvrirait la porte à un relèvement du coupon annuel du groupe.
Sur le papier, le rachat du bloc de Vodafone est tentant. Mais Vivendi en a-t-il les moyens? Jean-Bernard Lévy, le président du directoire du groupe de médias, a martelé qu’il ne mènerait l’opération que si celle-ci ne remettait pas en cause la notation du crédit (BBB) et ne nécessiterait pas d’augmenter le capital. Avec les 3,8 milliards de dollars qu’il est sur le point de récupérer de la vente de ses 20% dans l’américain NBCU, ce qui ramènera sa dette à 6,5 milliards d’euros, la majorité des analystes est persuadée que Vivendi peut mobilier la somme suffisante et respecter ses engagements. Selon les critères de S&P, sa dette passerait de 1,3 à 2,5 fois l’Ebitda pour 2011, mais resterait en dessous du multiple maximal de 3.
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