Vinci et ADP se disputent le groupe turc d’aéroports TAV

Le choix du repreneur devrait être annoncé dans les prochains jours. Le montant de l’opération est estimé à 600 millions d’euros pour 40% du capital
Olivier Pinaud

Vinci et Aéroports de Paris devraient être fixés dans les prochains jours. Les deux groupes français sont au coude à coude pour entrer au capital du groupe turc TAV Havalimanlari qui gère onze aéroports dont celui d’Istanbul, huitième plate-forme européenne en nombre de passagers (37,4 millions en 2011, +16%). Le choix du candidat retenu se fera sur le prix et sur le montant du capital repris. Les groupes Tepe et Akfen, à l’origine de la création de TAV en 1997, détiennent chacun 26% du capital depuis la cotation de la société en 2007.

Le montant de l’opération pourrait tourner autour de 600 millions d’euros, pour 40% du capital, ce qui valoriserait TAV à quelque 1,5 milliard d’euros. Le courtier turc Oyak Securities place le curseur légèrement plus haut, à 1,63 milliard. Hier, à la Bourse d’Istanbul, le groupe capitalisait un peu plus de 1,35 milliard. Son cours de Bourse a progressé de 25% depuis septembre 2011 et l’ouverture du processus concurrentiel de vente mené par Credit Suisse.

En 2011, TAV a dégagé 881 millions d’euros de chiffre d’affaires et 257 millions d’Ebitda. Compte tenu de 792 millions de dette nette à fin 2011, l’offre supposée valoriserait le groupe turc 9 fois l’Ebitda 2011, soit très légèrement plus qu’ADP (8,5 fois). Vinci, dont les métiers de la construction sont moins bien valorisés que son activité de concessions, affiche un multiple de 6,5 fois.

Le gain de ce bloc marquerait un retour aux acquisitions pour Vinci et pour ADP, relativement calmes ces derniers mois, malgré des structures financières qui permettent ce type d’opération. La dette nette de Vinci (12,6 milliards d’euros fin 2011) représente 2,3 fois l’Ebitda du groupe. Pour ADP, le ratio de «leverage» ressort à 2,2 fois.

Si elle aboutit, la cession partielle de TAV pourrait relancer le processus de concentration dans le secteur des infrastructures aéroportuaires. Vinci était bien intéressé par l’ouverture du capital de plusieurs grands aéroports régionaux français mais le processus n’a toujours pas été enclenché, notamment pour des raisons politiques. La cession des aéroports de Hochtief, dont celui d’Athènes, a également été suspendue en raison de la crise grecque. En Espagne, le capital de plusieurs aéroports, dont ceux de Madrid et de Barcelone, pourrait être ouvert par le gouvernement. Abertis est à l’affût.

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