Vincent Bolloré simplifie un peu plus sa galaxie de holdings
Patiemment mais méthodiquement, Vincent Bolloré simplifie sa galaxie. Le groupe de l’homme d’affaires a annoncé hier soir un projet de retrait obligatoire sur les actions Plantations des Terres-Rouges qu’il ne détient pas encore, soit environ 2,8% du capital de la structure. D’un coût de 64 millions d’euros pour le groupe, assortie d’une offre publique d’échange (7 actions Bolloré pour 1 action Plantations des Terres-Rouges), l’opération est financièrement neutre pour Bolloré, à comparer aux 804 millions d’euros de bénéfice net dégagé par le groupe en 2012.
Depuis le début des années 2000 et dans la foulée de l’absorption de Delmas-Vieljeux par Bolloré Technologies, devenu Bolloré, le groupe «avale» chaque année une ou plusieurs de ses poupées russes. L’an dernier, La Financière du Loch a par exemple été absorbée par Bolloré. L’homme d’affaires explique vouloir poursuivre ce mouvement, à son rythme, sans précipitation. Son horizon supposé est 2022, date potentielle de son départ à la retraite.
Pour autant, depuis quelques semaines, le marché s’emballe pour une accélération du processus. La transformation en commandite par action il y a quelques semaines de Sofibol, dernier maillon non coté qui sert d’articulation avec la cascade de sociétés cotées du groupe, nourrit la spéculation. Selon un proche du dossier, cette transformation vise à préparer la succession de Vincent Bolloré et à assurer le contrôle familial à la tête du groupe, promis à ses fils. Mais, avec ce confort, l’homme d’affaires pourrait aller plus vite dans la réorganisation de sa galaxie. Et faire sauter petit à petit la décote du groupe Bolloré.
Anticipé déjà par quelques fonds français, ce mouvement commence à intéresser les investisseurs anglo-saxons, jusque-là rebutés par l’extrême complexité de la structure. Plusieurs fonds auraient récemment rencontré le directeur financier de Bolloré, Cédric de Baillencourt, calculette en main, pour échanger avec lui sur l’effet potentiel qu’aurait une simplification plus poussée de la galaxie, a indiqué à L’Agefi une source financière.
Selon les calculs des analystes d’Exane BNP Paribas, la simplification du groupe ferait ressortir un actif net par action de 726 euros, contre un cours de 298 euros hier soir. De quoi expliquer une partie du doublement de l’action Bolloré en un an.
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