Vincent Bolloré réunit Vivendi et Havas sous le même toit
Longtemps pressenti, le rapprochement de Vivendi et d’Havas a été enclenché hier, Vivendi proposant de racheter la participation du Groupe Bolloré dans le groupe de communication pour 2,4 milliards d’euros. Vivendi, dont Vincent Bolloré détient 20% du capital, offre un prix de 9,25 euros par action pour les 59,65% du capital d’Havas détenu par le Groupe Bolloré, soit une prime de 8,8% sur son cours de clôture du 10 mai. Le Groupe Bolloré a indiqué accueillir favorablement la proposition et décidé d’engager des discussions avec Vivendi.
La réalisation de l’opération entraînerait le dépôt d’une offre publique d’achat simplifiée, a indiqué Havas, même si Vivendi n’a pas l’objectif de retirer la société publicitaire de la cote. Si l’ensemble des minoritaires devaient apporter leur participation, Vivendi aurait à débourser près de 4 milliards d’euros. L’opération, qui valorise Havas à environ 9 fois son Ebitda, contre une valorisation moyenne de 8,8 pour ses pairs selon les analystes de Jefferies, sera financée par la trésorerie du conglomérat français, de 4,2 milliards à fin mars, et amènera à un ratio de levier net de 0,7 à 1,5 selon son ampleur. Le groupe prévoit que l’opération soit relutive et améliore sa marge de l’ordre de 100 points de base pour 2017.
Le rapprochement vise à «construire un leader mondial de contenus, médias et communication», dans un contexte où «la connaissance pointue du consommateur et la maîtrise des données associées constituent un avantage concurrent de tout premier plan», explique Vivendi. Il s’agit là d’un pari de long terme, avaient souligné les analystes d’Exane en fin d’année dernière. Vivendi n’a d’ailleurs pas fourni d’estimations de synergies. Les potentiels conflits d’intérêts n’inquiètent par ailleurs pas le groupe, qui rappelle que la Commission européenne s’était déjà penchée sur la question sans trouver de faute à Havas ou Vivendi.
Outre la création d’un géant des médias et de la communication, rêvé depuis longtemps par Vincent Bolloré, celui-ci se dégage également des marges de manœuvre pour le Groupe Bolloré, endetté à hauteur d’environ 4,5 fois son Ebitda, et dont la participation est valorisée 2,36 milliards d’euros. En début d’année, les analystes d’Oddo anticipaient ainsi qu’une telle opération «ferait sens: la famille Bolloré garderait le contrôle, Vivendi optimiserait son bilan et le groupe Bolloré se désendetterait, ce qui faciliterait les investissements en Afrique et dans le secteur des batteries.»
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