Vilmorin inscrit un nouveau record sur l’obligataire non noté
Après avoir résisté plusieurs mois, la barrière psychologique des 3% sur l’obligataire non noté français vient de voler en éclat. Dans la foulée des 2,5% obtenus par Ingenico le 13 mai, Vilmorin a placé 300 millions d’euros de dette deux jours plus tard avec un coupon de 2,375%, pour une maturité de 7 ans. Un record pour un corporate français non noté. Le rendement ressort à 2,46%. Le tout sans covenants.
Le numéro un européen des semences, qui avait émis un Schuldschein (placement privé allemand) de 130 millions d’euros en 2013, profite ainsi abondamment de l’euphorie qui entoure ce segment de marché en Europe. Plus de 4,5 milliards d’euros de dette corporate non notée ont été émis depuis le début de l’année, 50% de plus que l’an dernier à pareille époque.
«Dans un contexte de taux bas, les investisseurs viennent chercher sur ce marché la prime de rendement par rapport aux sociétés notées, même si celle-ci a eu tendance à se resserrer, passant des 75 à 100 points de base traditionnellement observés à une fourchette allant de 30 à 60 points de points de base», explique Fabien Calixte, en charge de l’origination de dette obligataire corporate chez BNP Paribas, qui a arrangé le placement Vilmorin avec HSBC. Autre signe de l’appétit actuel, les carnets d’ordres sont de plus en plus larges, avec la participation marquée d’investisseurs étrangers, à la recherche de nouveaux noms. Dans le cas de Vilmorin, si 55% des titres ont été achetés par des mains françaises, assureurs ou gérants d’actifs, les investisseurs allemands et britanniques ont pris 34% des obligations à eux deux.
Dans le marché actuel, être non noté ne constitue donc pas un handicap pour un corporate. «Les émissions obligataires non notées sont parfaitement acceptées par les investisseurs dans le cas de financement de projets clairement identifiés, besoins généraux ou acquisitions», reconnaît Charles-Antoine de Fontenay, directeur debt capital markets chez HSBC France.
Vilmorin a aussi profité «d’une bonne réception des investisseurs lors des trois jours de roadshow, d’un très bon timing et de conditions de marché extrêmement favorables, avec une baisse de 85 points de base des rendements depuis le début de l’année pour les non-notés», ajoute Charles-Antoine de Fontenay.
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