Viadeo vend à la Bourse un modèle économique qui reste à établir
Les valorisations atteintes par les valeurs de l’internet, LinkedIn en tête, n’ont pas laissé longtemps Viadeo indifférent. Le réseau social professionnel a réactivé son projet d’une introduction en Bourse (prochainement), comme l’avait révélé L’Agefi le 22 mai, en annonçant mercredi le dépôt de son document de base auprès de l’Autorité des marchés financiers. Devant LinkedIn en France, où il est numéro un du secteur, mais aussi en Chine avec la plate-forme Tianji, le groupe doit cependant encore démontrer sa capacité à monétiser son audience.
Créé en 2004, Viadeo compte 57 millions d’utilisateurs dont près de 9 millions en France, mais n’est pas encore rentable malgré la progression exponentielle de son chiffre d’affaires. Depuis 2007, celui-ci a été multiplié par sept, à 31 millions d’euros l’an dernier. Mais en 2013, l’entreprise a accusé une perte opérationnelle de 14,4 millions d’euros, contre 8,3 millions en 2012. Un creusement qui s’explique par des recrutements, des coûts de migration technologique, et la fermeture des activités dans certains pays. L’Ebitda, lui, est négatif de 4,7 millions, mais positif en excluant la Chine.
Les abonnements des membres représentent encore la moitié des revenus, contre 29% pour les solutions de recrutement, le vrai relais de croissance de Viadeo, et 20% pour la publicité. Alors que 95% du chiffre d’affaires provient de France, l’un des enjeux du groupe est de monétiser sa présence en Chine, où il compte passer de 20 à 50 millions de membres «sur le moyen terme», en Russie et en Afrique. Le réseau social a aussi besoin de fonds pour financer les développements du mobile.
La société estime à 30% par an la croissance moyenne à venir de ses revenus pour la division Viadeo, qui exclut Tianji, et y vise une marge d’Ebitda «supérieure à 20% sur le moyen terme avec un objectif de 35% sur le long terme». Elle ne fait en revanche aucune prévision pour Tianji.
En 2012, Viadeo avait levé 24 millions d’euros auprès de fonds (dont Bpifrance), se valorisant à 150 millions d’euros. Son concurrent le plus comparable en terme de revenus (85 millions), l’allemand Xing, se paie aujourd’hui en Bourse 6,2 fois son chiffre d’affaires, ce qui donnerait au site français une valeur proche de 200 millions.
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