Verizon ne lésine pas sur la prime pour son émission obligataire record
Pour son émission obligataire record de 49 milliards de dollars, Verizon Communication fait d’importantes concessions. L’opérateur télécoms, qui rachète la participation de Vodafone dans Verizon Wireless pour 130 milliards de dollars, se montre généreux avec des investisseurs qui ont répondu en masse. Les ordres totaliseraient plus de 100 milliards de dollars. De quoi rendre moins pressant un appel aux marchés européens. Une tournée des investisseurs qui devait débuter ce jeudi a été ajournée.
L’opération, destinée à refinancer partiellement un prêt relais de 61 milliards de dollars, se décompose en huit tranches libellées en dollar, à des taux variables et fixes. La plus importante, à hauteur de 15 milliards de dollars, porte sur des titres à 30 ans. Le spread ressort à 265 points de base (pb) au-dessus des Treasuries comparables, en ligne avec les estimations initiales.
Une deuxième tranche à 10 ans, pour un montant de 11 milliards de dollars, affiche un spread de 225 pb au-dessus des Treasuries. Cela se compare à la prime de 178 pb que les investisseurs réclament pour des titres de maturité similaire et notés BBB, selon Bloomberg. Les autres tranches couvrent des maturités de 3, 5, 7 et 20 ans. Le placement est piloté par Barclays, Bank of America Merrill Lynch, JPMorgan et Morgan Stanley.
Cette émission hors normes dépasse largement les 17 milliards de dollars levés par Apple sur le marché obligataire en avril dernier. Doté d’un bilan solide, le groupe californien avait obtenu des conditions très favorables lors d’une opération «opportuniste», après vingt ans d’absence sur le marché.
Pour Verizon, le contexte n’est pas aussi porteur. L’évolution du discours de la Fed depuis juin, concernant un possible allègement du programme d’assouplissement quantitatif, a entraîné une remontée des taux. Mais à une semaine de la prochaine réunion du FOMC, à l’issue de laquelle cette diminution progressive pourrait se matérialiser, il était préférable pour Verizon de passer à l’action.
En outre, cette opération suit une vague d’émissions «jumbo» sur le marché américain depuis le début de l’année. Selon Thomson Reuters, les émissions de dette corporate en catégorie investissement atteignent depuis janvier, avec Verizon, 540,2 milliards de dollars, en hausse de 21% par rapport à la période comparable de 2012. De quoi nourrir des craintes quant à un éventuel assèchement du marché.
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