Veolia veut industrialiser son modèle pour relancer sa rentabilité

Le groupe lance un vaste plan de transformation de son organisation visant à mieux faire travailler entre eux ses différents métiers
Olivier Pinaud

Après le conseil d’administration puis le comité exécutif, Antoine Frérot veut maintenant rénover le modèle économique de Veolia Environnement, éprouvé ces dernières années par les lourdeurs de sa dette mais aussi par une organisation décentralisée voire clanique entre les différents responsables de branches. «Nous avons une vision et un plan: faire de Veolia un industriel de l’environnement», a martelé le PDG du groupe.

Une façon de rompre définitivement avec l’organisation héritée de l’ancienne direction d’Henri Proglio. Une «transformation» indispensable surtout pour redynamiser la rentabilité du groupe: entre 2008 et 2012, la marge d’exploitation de Veolia a perdu près de 2 points pour tomber à environ 4% quand dans le même temps la rentabilité des capitaux employés était quasiment divisée par deux à un peu plus de 4%.

Cette «industrialisation» du groupe passera par une harmonisation des offres commerciales, une standardisation des process, une mutualisation des moyens fonctionnels dans chaque pays… Le chantier, «essentiel» selon Antoine Frérot, a été confié à François Bertreau, débauché fin 2012 du transporteur routier Norbert Dentressangle et donc agnostique vis-à-vis des éventuelles querelles de chapelles internes. A charge pour lui de trouver le moyen de mieux faire travailler entre eux les différents métiers (eau, propreté, énergie) notamment auprès des clients industriels.

Ces efforts de «rationalisation» devraient plus précisément porter sur la branche «eau», métier historique et principale source de valeur du groupe, soumise depuis des mois à de fortes pressions en raison d’un changement de la législation en France qui a écourté la durée des concessions confiées par les collectivités. Environ 40% des contrats de Veolia Eau en France expirent dans les prochaines années ce qui entraîne mécaniquement une baisse de la marge au moment du renouvellement.

Antoine Frérot estime que cet effet cyclique devrait faire s’évaporer la moitié de la marge de la division, le temps que les contrats regagnent en rentabilité au fil de l’eau. Mais en attendant, pour compenser ce pincement de la marge, Veolia n’a pas trouvé mieux que la baisse des coûts et l’industrialisation. Elles devraient permettre de compenser aux deux tiers le repli attendu de la rentabilité, espère Antoine Frérot.

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