Veolia veut accélérer sa sortie des transports en commun
Après des années d’expansion, marquées par une progression de 20% du nombre de sociétés consolidées par le groupe entre 2005 et 2010, Veolia Environnement fait machine arrière. Ce matin, lors de sa journée investisseurs, le groupe de services aux collectivités dévoilera un imposant programme de cessions d’actifs avec comme morceau de choix la sortie annoncée des transports en commun.
La société opère, aux côtés de la Caisse des dépôts, Veolia Transdev, le numéro un français de gestion des réseaux de bus ou de tramways. La filiale est détenue à parité par les deux actionnaires qui exercent un contrôle conjoint. Mais depuis la modification de leur pacte le 3 mars 2011, Veolia consolide en intégration proportionnelle à 50% l’ensemble Veolia Transdev.
Révélé par BFM Business hier, le projet de sortie n’était pas commenté par la direction de Veolia. «Les modalités définitives ne sont pas encore tranchées», indique un proche du dossier. Mais l’objectif du groupe est clair: concentrer ses forces, déjà amoindries par son endettement (15 milliard d’euros au 30 septembre 2011) et par la crise, sur ses trois autres métiers, les déchets, l’eau et les services à l’énergie.
La sortie était programmée à moyen terme. Lors de l’annonce de la création de Veolia Transdev en mai 2010, les deux partenaires avaient fait part de leur volonté d’introduire en Bourse leur filiale, de préférence dans le courant de l’année 2012. Le retard pris par la constitution du nouvel ensemble, créé finalement en mars 2011, et surtout la crise financière ont lourdement contrarié ce projet d’augmentation de capital sur le marché. Or, pour financer son développement, Veolia Transdev a absolument besoin de nouveaux fonds que ses actionnaires ne pouvaient plus lui apporter. «Dès le départ, l’objectif à moyen terme était d’adosser Veolia Transdev à un autre actionnaire», explique une source proche du dossier.
Reste à trouver le repreneur, encore plus dans un contexte de crise. En mai 2010, la valeur d’entreprise des deux actifs avait été arrêtée à un niveau de 7,4 fois le résultat opérationnel 2009, soit 3,7 milliards d’euros. Depuis, cette valorisation théorique s’est érodée. Mi-septembre, Citigroup valorisait l’ensemble 3,31 milliards d’euros, sur la base d’un multiple de 5,3 fois l’Ebitda estimé pour 2012.
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