Veolia gère au mieux sa trésorerie en rachetant sa dette

Le groupe, qui place son cash à 1 % environ, a repris 210 millions de dollars et 56 millions d’euros sur des souches payant des coupons proches de 5 %
Alexandre Garabedian

Veolia donne au marché obligataire un petit goût de 2010. Le groupe de services à l’environnement a annoncé jeudi le rachat partiel anticipé de certaines obligations, renouant avec des transactions que les entreprises avaient plébiscitées l’an dernier. Veolia a repris 210 millions de dollars sur une souche en dollars arrivant à échéance en juin 2013, et 56 millions d’euros sur une ligne de maturité mai 2013. Les encours des deux lignes sont ainsi ramenés respectivement 490 millions de dollars et 500 millions d’euros. Les rachats ont été effectués au fil de l’eau.

La motivation du groupe est double. Tout d’abord, gérer au mieux sa trésorerie de 6 milliards d’euros au 30 juin. Ces fonds sont placés aujourd’hui sur des supports de court terme (certificats, OPVCM monétaires…) et dégagent un rendement proche de 1%. Les deux souches rachetées partiellement portent, elles, un coupon bien supérieur, de 5,25% en dollars et de 4,875% en euros. «Vu le faible rendement des placements, cela fait certainement du sens sur le plan financier de racheter sa dette lorsque l’on dispose des fonds et que le prix est correct», commentent les analystes de CreditSights. Les spreads des deux souches se sont nettement élargis depuis l'été, à 158 pb pour celle en dollars et 170 pb pour celle en euros selon les données de Markit.

L’autre intérêt pour Veolia est de lisser ses échéances obligataires. Une prudence compréhensible: la visibilité du marché obligataire pour 2012 est réduite, et les fenêtres d’émission se ferment vite, comme l’a montré un deuxième semestre pauvre en opérations. La société avait déjà procédé en 2010 à une gestion active de sa dette sur le même modèle. Au total, depuis deux ans, elle a réduit de l’équivalent d’un milliard d’euros ses besoins de refinancement sur les deux prochaines années. Ses tombées obligataires atteignent désormais 671 millions d’euros pour 2012 et un milliard pour 2013, indique-t-on au siège du groupe.

Les entreprises non financières, notamment françaises, avaient multiplié en 2010 de tels rachats ou échanges de dette. Les volumes ont décru cette année. Et la transaction Veolia n’annonce pas de rebond massif, de l’avis des professionnels. «Ces transactions sont devenues un outil de gestion de la dette à part entière pour les trésoriers d’entreprise, mais le gros a déjà été fait en 2010», souligne un banquier.

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