Veolia et Bouygues renforcent leur capital grâce au dividende en actions
Le dividende n’est pas qu’un moyen de rémunérer ses actionnaires. Il peut également se révéler utile pour renforcer les fonds propres de la société en cas de paiement en actions. Plusieurs groupes du CAC 40 ont déjà opté pour la formule cette année, dont Veolia Environnement. Le numéro un mondial des services de traitement et de distribution de l’eau est un habitué du procédé. L’option du paiement du dividende en titres est proposée à ses actionnaires depuis 2009.
Pour le dividende payé au titre de l’exercice 2013, Veolia va ainsi économiser le versement de 174,6 millions d’euros de cash et renforcer d’autant ses fonds propres par l’émission de 13,4 millions d’actions nouvelles, soit 2,38% de son capital. Depuis 2009, en cumulé, le groupe a ainsi renforcé ses fonds propres de 1,18 milliard d’euros, soit la création de plus de 86 millions d’actions nouvelles, représentant près de 18% du nombre de titres en circulation en 2009. La somme s’est révélée particulièrement utile au moment où la notation de crédit du groupe était menacée de dégradation par les agences.
Cette année, Danone a également proposé une option de paiement en titres. 65,23% des actionnaires l’ont acceptée, entraînant la création de 11,9 millions d’actions nouvelles, soit 1,89% du capital. Le groupe va ainsi s’économiser le versement de 544 millions d’euros en cash.
Chez Bouygues, le montant des économies est également substantiel: 401,1 millions d’euros. Le groupe a proposé cette option cette année, alors que les difficultés de sa filiale de télécoms et d’Alstom ont pesé sur ses résultats et ses fonds propres en 2013. S&P a placé en mars dernier la notation de crédit du groupe de construction et de communication, actuellement à BBB+, sous surveillance négative. Avec le paiement en actions, accepté par 79,1% des actionnaires, les fonds propres de Bouygues vont être renforcés de 401,1 millions d’euros, soit une augmentation de capital de 5%.
Cette option de paiement en titres est parfois mal vue par les actionnaires, qui financent le dividende. Ceux qui la refusent sont mécaniquement dilués au capital. L’émission des nouvelles actions crée également un risque de retour des titres sur le marché et donc une pression vendeuse sur le cours de Bourse.
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