Veolia déprécie fortement sa participation dans Transdev
Veolia garde le cap et s’envole de 14,86% à 10,55 euros. En dépit d’une perte nette de 490 millions d’euros et d’une chute de 49% du résultat opérationnel à 1,02 milliard d’euros en 2011, liées aux 818 millions d’euros de dépréciations d’actifs et de coûts de réorganisation, le groupe de services aux collectivités se veut serein. Le résultat opérationnel courant (hors Veolia Transdev) ressort même légèrement au-dessus des attentes du marché, et limite sa dégradation, en recul de 11,1% à change constant en 2011, contre une baisse de 12,9% sur les neuf premiers mois de l’exercice.
«L’épisode récent [la rumeur de son remplacement par Jean-Louis Borloo, ndlr] n’a fait que confirmer ma détermination pour mener à bien la transformation» du groupe, confie Antoine Frérot, PDG de Veolia. «J’ai surtout été étonné qu’un aussi fin connaisseur de notre entreprise comme mon prédécesseur [Henri Proglio, ndlr] puisse pousser à sa tête un homme politique. Cela aurait été une erreur majeure, car les clients qui travaillent avec nous sont des élus», explique-t-il au Monde.
Si le groupe s’est refusé à dévoiler des prévisions chiffrées pour l’exercice en cours, il a confirmé ses objectifs 2013. Veolia vise un endettement financier net inférieur à 12 milliards d’euros fin 2013, contre 14,7 milliards fin 2011. Grâce notamment aux 5 milliards d’euros de cessions, 3 cette année et 2 en 2013.
Veolia a confirmé l’entrée en négociations exclusives avec un fonds pour la cession de ses 50% de Veolia Transdev, mais a refusé de confirmer le nom de Cube Infrastructure (Natixis), cité par Les Echos. Ce repreneur pourrait prendre «une partie, voire la totalité de notre participation, explique Antoine Frérot. Il peut y avoir une étape intermédiaire pour accompagner l’investisseur quelque temps». Veolia se dit «optimiste pour conclure rapidement», peut-être à la fin de l’été.
Dans le cadre de ce processus de vente, le groupe a passé une dépréciation de 440 millions d’euros sur Veolia Transdev, supérieure aux 300 millions attendus par le marché – en raison de la détérioration opérationnelle en 2011 et au-delà, et de la baisse des multiples de valorisation avec la crise – venant effacer la plus-value de 430 millions enregistrée en mars dernier lors du rapprochement avec Transdev. Parallèlement, Veolia va engager le refinancement de Veolia Transdev via une augmentation de capital.
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