Valneva doit apprendre à vivre sans le vaccin anti-Covid
Les espoirs placés par les investisseurs dans le vaccin anti-Covid de Valneva se sont totalement volatilisés. Avec à la clé une chute de l’action de la biotech de 60% depuis janvier. Mais si la capitalisation boursière de l’entreprise franco-autrichienne excède encore le milliard d’euros c’est qu’elle ne se résume pas aux projets dans le Covid-19. Le groupe génère des revenus conséquents grâce à des vaccins déjà sur le marché et il compte plusieurs projets prometteurs en portefeuille, dont deux à un stade avancé. Au premier semestre, Valneva a ainsi vendu pour 5,8 millions d’euros de son vaccin Dukoral contre le choléra, en net rebond après 0,4 million d’euros un plus tôt. L’activité de distribution de produits pour le compte de tiers a aussi quasiment doublé, à 11,5 millions d’euros. Même si ses perspectives se sont récemment dégradées, le vaccin contre l’encéphalite japonaise, l’Ixiaro, reste un important contributeur au chiffre d’affaires.
Maladie de Lyme et chikungunya
Surtout, Valneva pourrait bientôt être en mesure de commercialiser un nouveau produit. Le 18 août, l’entreprise a annoncé avoir débuté la soumission du dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) de son candidat vaccin contre le chikungunya auprès de l’autorité de santé américaine (FDA). La procédure devrait être terminée d’ici la fin de l’année. La FDA pourrait accorder un statut prioritaire au dossier, ce qui permettrait de raccourcir les délais réglementaires. Moins avancé, son candidat vaccin contre la maladie de Lyme est entré en phase clinique de niveau 3. Pfizer, partenaire de Valneva sur ce projet et nouvel actionnaire de la société depuis juin dernier, devrait à cette occasion verser un paiement d’étape de 25 millions de dollars à l’entreprise. En cas de succès clinique, une demande d’AMM en Europe et aux Etats-Unis pourrait avoir lieu en 2025. La biotech développe par ailleurs deux autres candidats vaccins, l’un ciblant le métapneumovirus et l’autre le virus d’Epstein-Barr, qui sont toutefois encore en phase préclinique.
L’avenir boursier de Valneva se jouera sur sa capacité à amener rapidement sur le marché son traitement contre le chikungunya et sur la réussite de la phase 3 du vaccin contre la maladie de Lyme. Côté finances, l’entreprise a de quoi voir venir. Au 30 juin, sa trésorerie s’élevait à 336,2 millions d’euros. Les analystes suivant la société restent d’ailleurs optimistes sur le titre. Selon Factset, ils sont 56% à en recommander l’achat.
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