Valeant va s’adresser directement aux actionnaires d’Allergan
Valeant va passer à l’offensive. Le groupe pharmaceutique canadien, qui s’est lancé à l’assaut d’Allergan, a décidé de s’adresser directement aux actionnaires du fabricant du Botox après avoir été déjà éconduit à deux reprises. La valeur de sa dernière proposition, en numéraire et en titres, est tombée de 53,8 milliards de dollars le 30 mai à moins de 51 milliards de dollars en raison d’un repli du cours.
Le cours est «artificiellement baissier», a estimé hier le PDG de Valeant, Mike Pearson, qui souligne plusieurs semaines de critiques de la part d’Allergan et de certains analystes. «L’approche hostile n’est pas notre (option) préférée», a ajouté le dirigeant lors d’une téléconférence. «Mais cette opération est si stratégique et financièrement attractive que cette démarche fait véritablement sens».
Dans sa tentative de conquête, Valeant peut compter sur le soutien de Pershing Square Capital Management qui détient 9,7% du capital d’Allergan. Le fonds géré par Bill Ackman fait partie intégrante d’une stratégie en quatre phases. Premier acte, Valeant soumet son offre d'échange aux actionnaires d’Allergan, puis Bill Ackman et d’autres actionnaires demandent une assemblée générale extraordinaire afin de renouveler le conseil d’Allergan. Ils cherchent préalablement à s’assurer que cette démarche ne déclenchera pas une «pilule empoisonnée». Troisième acte, Pershing Square et Valeant installent leurs représentants puis négocient en dernier lieu un accord avec le nouveau conseil.
Valeant souligne que plus de la moitié du capital d’Allergan a été échangée depuis l’annonce de la première offre le 22 avril. Le groupe estime que ces titres sont désormais entre les mains de fonds alternatifs, notamment «event-driven». Selon le directeur financier Howard Schiller, ces investisseurs soutiendront l’opération car «ils ont acheté leurs titres à un prix très élevé et nettement au-dessus de ce qu’ils estiment être la valeur intrinsèque (...)».
Lors de cette téléconférence, Mike Pearson a défendu son conseil Morgan Stanley. La banque américaine, qui a cherché au départ un mandat auprès de chaque camp, a souffert de la publication de courriels qualifiant Valeant de «château de cartes». Il a en revanche adressé une pique à Goldman Sachs qui a épaulé Valeant pour des opérations de financement avant de se mettre au service d’Allergan.
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