Unilever est financièrement épargné par l’Autorité de la concurrence
L’amende de 361,3 millions d’euros prononcée hier à l’encontre de grands fabricants de lessives pour une entente sur le marché français est l’une des plus importantes décidée par l’autorité de la Concurrence depuis l’an 2000. Elle se situe au troisième rang derrière la sanction de 534 millions d’euros prise en septembre 2000 contre les trois opérateurs de téléphonie mobile et celle de 384,9 millions d’euros qui visait en septembre 2010 les commissions interbancaires sur les chèques.
L’Autorité a appliqué pour la première fois dans cette affaire sa nouvelle méthodologie de calcul des sanctions publiée en mai dernier, qui vise à expliciter de façon plus détaillée les motifs de sa décision. «Il est également notable que l’ensemble des parties à l’entente aient décidé de coopérer avec l’Autorité en application du programme de clémence français», relève le communiqué de l’institution.
Unilever, qui a été le premier à solliciter la procédure de clémence en mars 2008, a été complètement exonéré d’une amende qui aurait dû atteindre un montant théorique de 248,5 millions d’euros. Henkel, dont la coopération a donné lieu à certaines réserves de la part de l’Autorité, a néanmoins vu le montant de son amende réduit de 25% à 92,3 millions d’euros, tandis que celle de Procter & Gamble a diminué de 20% à 233,6 millions. Colgate Palmolive, dont la part de marché était moindre, a bénéficié d’une réfaction de 15% à 35,4 millions.
L’Autorité souligne le caractère généralisé et de grande ampleur de ce cartel qui a concerné l’ensemble des références, marques et formats de lessives commercialisés entre 1997 et 2004, «avec une interruption de quelques mois entre octobre 1998 et novembre 1999». Afin de piloter en commun les prix de vente aux distributeurs et les politiques de promotion, de hauts responsables des filiales françaises de ces groupes de dimension mondiale se rencontraient secrètement plusieurs fois par an.
Compte tenu de l’importance prise par les lessives dans le panier des ménages et du fait que la distribution en fait un produit d’appel, cette collusion «a permis aux fabricants de maintenir des prix de revente au consommateur final à des niveaux anormalement élevés», en tirant avantage de la loi Galland en vigueur jusqu’en 2005. Bien que l’amende ne soit pas suspensive, Henkel a annoncé qu’il allait contester cette décision auprès de la cour d’appel de Paris.
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