Une offre conjointe de Verizon et AT&T sur Vodafone dynamiterait le secteur des télécoms
La consolidation du marché des télécoms pourrait prendre une tournure inattendue en Europe. Jusqu’ici considéré comme un prédateur naturel en sa qualité de deuxième opérateur mobile mondial, le britannique Vodafone risque de se transformer en cible pour les américains Verizon Communications et AT&T, si l’on en croit le Financial Times qui se réfère à des sources «généralement bien informées». Le quotidien fait état d’une possible offre conjointe au prix de 260 pence par action. Ceci correspondrait à une prime de 35% sur le cours actuel de Vodafone dont la valeur d’entreprise atteindrait alors 245 milliards de dollars (191 milliards d’euros).
Des discussions menées fin 2012 entre Verizon et Vodafone en vue d’un rapprochement entre les deux groupes ont apparemment buté sur la composition de l’équipe dirigeante et sur la localisation du siège social. L’arrivée d’une tierce partie et le lancement d’une OPA permettraient à l’opérateur britannique, dont 65% du chiffre d’affaires est réalisé en Europe, d’engranger une plus-value non fiscalisée sur les 45% qu’il détient dans Verizon Wireless, qui pourraient valoir 115 milliards de dollars.
De son côté, Verizon obtiendrait enfin le contrôle total de sa filiale mobile sur un marché américain déjà bien concentré. Le reste des actifs de Vodafone reviendrait à AT&T qui satisferait par ce biais son ambition de prendre pied sur le Vieux Continent, un marché pourtant fortement régulé et très concurrentiel.
Verizon Communications a pourtant assuré hier n’avoir « actuellement aucune intention » de fusionner ou de racheter Vodafone, que ce soit seul ou avec des partenaires. Le groupe a tout de même reconnu être susceptible de s’intéresser à la part de Vodafone dans leur coentreprise Verizon Wireless.
Le scénario d’une offre conjointe sur Vodafone a été bien accueilli par les investisseurs, l’action terminant en hausse de 2,9% hier après avoir pris jusqu’à 5,8% en séance.
Tout n’est pourtant pas rose pour le groupe britannique, notamment en Inde où il est numéro deux du marché. Il vient de protester contre la décision du pays de procéder à un nouvel appel d’offres pour renouveler des licences mobiles expirant fin 2014 à Mumbai, New-Delhi et Calcutta. Cette contrainte, qui s’applique aussi au leader Bharti Airtel, s’ajoute à un contentieux sur le bien-fondé d’une taxe de 2,5 milliards de dollars réclamée par l’Inde à Vodafone, suite à la prise de contrôle de Hutchinson Essar en 2007.
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