Une large alliance entre PSA et General Motors buterait sur d’importants obstacles

La génération d’économies d’échelle significatives en Europe passera par des restructurations délicates à mettre en œuvre dans le contexte actuel
Yves-Marc Le Reour

Confirmées par le ministre du travail Xavier Bertrand, les discussions entre PSA et General Motors (GM) en vue d’une alliance potentielle ont été saluées hier par une hausse de 12% de l’action du groupe français. Critiqué pour l’internationalisation trop lente de ses ventes et la faible rentabilité de ses activités automobiles, PSA pourrait ainsi optimiser une plate-forme de production trop dépendante des véhicules de petite et moyenne gamme. Il bénéficierait également de l’implantation forte de GM au Brésil, en Russie ou en Chine.

Quant au constructeur américain, il tirerait parti du savoir-faire de son concurrent sur les petits moteurs à essence ou Diesel et sur certains châssis de véhicules. «La part de marché combinée des deux groupes en Europe s’élèverait à 22% contre 21,3% pour Volkswagen», relèvent les analystes d’Exane BNP Paribas. PSA détient actuellement 13,4% du marché européen contre 8,6% pour GM à travers sa filiale Opel, mais celui-ci a vendu l’an dernier 9 millions de véhicules au plan mondial contre 3,4 millions pour PSA.

Selon les calculs des analystes de Natixis, «un gain de 2% sur des achats combinés rapporterait 900 millions d’euros à PSA, soit l’équivalent de 66% du résultat opérationnel consolidé 2011». Mais l’ampleur des synergies sur les achats, les investissements ou la R&D, dépendra du périmètre et des modalités de cette alliance aux contours encore indéterminés. La production conjointe de moteurs ou de systèmes de transmission serait insuffisante pour permettre aux deux groupes de renouer avec les bénéfices en Europe.

Si une fusion paraît improbable compte tenu d’un écart des capitalisations boursières (3,8 milliards d’euros pour PSA contre 32 milliards pour GM) qui conduirait à une dilution massive de la famille Peugeot, une intégration des activités européennes «nécessitera l’élimination de capacités excédentaires et aura un coût social élevé à court/moyen terme», juge-t-on chez Natixis.

Ceci semble délicat dans le contexte économique actuel, notamment en France où le gouvernement a indiqué qu’il serait vigilant concernant l’emploi en cas d’alliance. Des conflits d’intérêts pourraient par ailleurs surgir en raison des partenariats noués par PSA avec Ford dans les moteurs Diesel, BMW dans les moteurs à essence ou Toyota dans les minicars.

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