Un spécialiste de la restructuration d’entreprises prend la tête de Go Sport
La chaîne de magasins Go Sport, en difficulté financière, accueillera à compter de mercredi Patrick Puy, son nouveau directeur général, a indiqué mardi sa maison mère HPB (Hermione, People & Brands).
Patrick Puy « aura pour mission de poursuivre la nécessaire transformation » de Go Sport grâce à sa « solide expérience dans la mutation des entreprises », indique un communiqué de HPB, filiale de la Financière immobilière bordelaise (FIB) de l’homme d’affaires Michel Ohayon. C’est le deuxième directeur général en moins d’un an, après Benoît Verdier, qui a quitté ses fonctions fin 2022, quelques mois après sa nomination.
Agé de 67 ans, ce polytechnicien a notamment dirigé Brandt-Moulinex en 2001, TDF France en 2010, Arc International en 2013 et le groupe Vivarte. Patrick Puy connaît bien la restructuration d’entreprises. Il a mené récemment des opérations pour les entreprises en difficulté comme Vivarte (alors propriétaire de La Halle, Naf Naf, André...) - qu’il a dirigée de 2016 jusqu'à son démantèlement en 2021-, Alès Groupe et Famar. KKR, unique actionnaire du laboratoire pharmaceutique, lui en avait confié en mai 2019 la mission d’un démantèlement.
Fonds de retournement
Comme l’avait révélé L’Agefi, il avait lancé fin 2021 avec Pascal Lebard, ancien dirigeant de Sequana, sa propre société de gestion, baptisée Equerre Capital Partners. Il comptait alors créer un véhicule dédié à des opérations de restructuring de sociétés françaises de taille moyenne (midcaps). L’objectif de levée avait alors été fixé à 300 millions d’euros. Selon nos informations, il s’apprête à effectuer un premier closing de 120 millions d’euros d’ici à fin janvier. Il devrait en outre bientôt annoncer des premières acquisitions. Cette structure n’est pas candidate à la reprise du groupe Go Sport.
Chez Go Sport, la mission sera délicate. Son arrivée « doit permettre d’accompagner la trajectoire de retour aux bénéfices dès 2023, après 17 années de pertes et ainsi, de préserver durablement l’entreprise », souligne dans le communiqué Wilhelm Hubner, président de HPB. La société, qui « n’est pas en état de cessation de paiements », doit renouer avec les bénéfices « dès 2023 », assure HPB dans son communiqué.
La société Go Sport France, fondée en 1978 et basée à Sassenage en banlieue de Grenoble, avait été rachetée fin 2021 pour un euro symbolique par HPB auprès de la société Rallye, la maison mère du groupe de distribution alimentaire Casino, elle-même fortement endettée. A fin 2020, selon son dernier bilan financier connu, Go Sport France affichait 39,2 millions d’euros de pertes. Selon les commissaires aux comptes du groupe, cités en décembre dernier, la dette s'élève actuellement à 36,3 millions d’euros. Elle emploie actuellement un peu plus de 2.000 salariés.
Le 21 décembre, le tribunal de commerce de Grenoble a désigné un juge enquêteur et reporté au 16 janvier prochain l’examen du dossier Go Sport. La mission de ce juge consistera à « faire un état précis de la situation financière » du groupe et de sa filiale française. Si la cessation de paiements est caractérisée, un redressement judiciaire sera alors ouvert. Une procédure dont Patrick Puy, par son parcours, connaît toutes les arcanes.
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