Un Spac veut attirer dans ses filets les licornes américaines
Ce véhicule entend lever 500 millions de dollars en Bourse pour prendre des participations minoritaires dans des start-up, leur offrant ainsi une alternative à une IPO.
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Olivier Pinaud
Les émissions souveraines ont finalement assez peu souffert du choc lié à l’épidémie de coronavirus en 2020. Les adjudications reprennent assez fort en ces premières semaines de l’année : près de 80 milliards d’euros sont prévus pour janvier selon SG CIB, au-dessus du rythme moyen depuis cet été.
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Crédit : Nyse
Alors que de nombreuses licornes américaines, ces jeunes sociétés valant plus d’un milliard de dollars, hésitent à se lancer dans une introduction en Bourse, un groupe d’entrepreneurs d’outre-Atlantique projette de créer un véhicule spécialisé coté (Special Purpose Acquisition Company, Spac) qui permettrait d’investir à titre minoritaire dans ces jeunes entreprises de croissance.
Ce groupe d’entrepreneurs est dirigé par Chamath Palihapitiya, directeur général du fonds de capital-risque Social Capital. Il compte également dans ses rangs Tony Bates, ancien PDG de Skype et ex-président de GoPro, et Adam Bain, ancien directeur de l’exploitation de Twitter. Baptisé Social Capital Hedosophia Holdings, ce Spac prévoit de lever au moins 500 millions de dollars en entrant en Bourse, selon le document transmis à la Securities and Exchange Commission. Ces fonds seront ensuite réinvestis dans des prises de participation dans des sociétés non cotées.
L'équipe envisage de rencontrer des investisseurs au cours de la deuxième semaine de septembre et de lancer l’offre sur la Bourse de New York à la mi-septembre, précise le Wall Street Journal. L’opération est dirigée par Credit Suisse.
Ce mécanisme permettrait aux licornes de lever de l’argent via les marchés sans avoir besoin de se coter elles-mêmes en Bourse. Cela leur éviterait les coûts de cotation et d’avoir à se lancer dans un processus jugé parfois trop complexe, pour un résultat final discutable. Un certain nombre d’entrepreneurs de sociétés de technologie ont exprimé ces derniers mois leur méfiance envers les marchés publics. Ils ont d’autant pu se passer de cette voie traditionnelle de financement car les sources d’argent privé proliféraient.
Pour beaucoup d’entrepreneurs, Snap illustre les dangers de l’introduction en Bourse. Mis en Bourse en mars, le cours de l’application mobile de vidéos a chuté depuis de 13% par rapport à son prix d’IPO.
La création de ce Spac interviendrait après les réflexions de Spotify, qui cherche lui aussi une alternative à une IPO classique. En utilisant une cotation directe, la société suédoise pourrait économiser des dizaines de millions de dollars en frais de souscription.
Le marché Spac est toujours très actif aux Etats-Unis. Selon Dealogic, 22 Spac ont été lancés depuis le début de l’année, pour un montant de 6,9 milliards de dollars. Cela dépasse le record de 2007 : 38 Spac pour 5,1 milliards de dollars à ce stade.
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