Un puissant parfum de consolidation imprègne le secteur des arômes
Tout comme un balancier dont on attend l’inéluctable mouvement de retour, les opérations de rapprochement se succèdent au sein du secteur agrochimique des ingrédients alimentaires. Après l’annonce en avril du rachat du français Diana par l’allemand Symrise et quelques jours seulement après l’officalisation le 7 juillet de l’acquisition du germano-suisse Wild Flavors par l’américain Archer Daniels Midland (ADM), la lettre d’information Platow Brief a fait état vendredi, de sources non identifiées, de l’intérêt du japonais Ajinomoto pour Symrise. Le prétendant pressenti, qui avait successivement échoué à mettre la main sur Diana puis sur Wild Flavors, aurait mandaté une banque d’investissement allemande pour travailler sur l’opération. Les deux groupes n’ont pas souhaité commenter l’information.
Si le titre de Symrise a affiché vendredi matin un gain allant jusqu’à 7,4%, le soufflé est pourtant rapidement retombé, l’action clôturant à Francfort en hausse plus limitée de 2,7% à 40,24 euros. Il n’empêche que le bond d’entame de séance reflète l’attente des opérateurs. Des attentes en partie tempérées par le commentaire de Thomas Maul chez DZ Bank, selon lequel «Symrise n’est probablement pas la cible privilégiée par Ajinomoto» du fait d’une taille trop importante de la transaction, voisine de 7 milliards d’euros. Ajinomoto pourrait fondre sur une autre cible. A 5,2 milliards d’euros, la capitalisation boursière de Symrise est déjà en hausse de 21% sur douze mois.
Symrise est ainsi une proie bien plus conséquente que Diana et Wild Flavors, rachetées respectivement pour des valeurs d’entreprise de 1,3 et 2,3 milliards d’euros. Des prix correspondant à 14,0 et 16,4 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) attendu pour l’exercice en cours. Ces multiples octroient à Symrise une valeur d’entreprise comprise entre 5,8 et 6,3 milliards d’euros. Le consensus Bloomberg des analystes suivant le titre Symrise mise en effet sur un Ebitda 2014 de 414,4 millions d’euros, en hausse de 11% par rapport à celui de l’an passé (lui-même en progression de 10%). En tablant sur une valorisation voisine de 7 milliards, Thomas Maul chez DZ Bank parie donc sur une intensification des enchères dans le secteur à mesure que le nombre de cibles potentielles se réduit et qu’industriels comme fonds de private equity restent à l’affût.
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