Un prêt bancaire avec collatéral améliorerait la liquidité d’Alcatel-Lucent
La dégradation des performances opérationnelles d’Alcatel-Lucent a renforcé la pression sur le groupe pour qu’il renforce sa structure de bilan, comme en témoigne la récente mise sous surveillance négative de sa note de crédit (B2) par Moody’s. Selon Bloomberg qui se réfère à des sources proches du dossier, l’équipementier télécoms négocierait avec Goldman Sachs un refinancement contre une garantie prise par la banque américaine sur certains actifs.
Ce montage renforcerait le profil de liquidité du groupe, privé d’accès aux marchés financiers, qui affichait une dette nette de 84 millions d’euros à fin septembre. Une émission obligataire (y compris convertible) aurait en effet un coût prohibitif pour l’équipementier, tandis qu’une augmentation de capital est jugée impossible «en raison d’un cours largement sous le nominal de 2 euros», précise le bureau d’analyse de Natixis.
La solution d’un prêt adossé à des actifs (licences de brevets, routeurs d’entreprise ou optique sous-marine) aurait en revanche un coût «inférieur à 10%», selon Oddo Securities. Ce financement avec collatéral pourrait de plus être rapidement mis en place, alors que des cessions d’actifs également explorées par le groupe n’interviendraient «probablement pas avant le second semestre 2013», selon Natixis.
Depuis la fusion entre Alcatel et Lucent en 2006, le groupe a brûlé en moyenne 700 millions d’euros de trésorerie par an. Plusieurs analystes estiment à 1 milliard d’euros au minimum le montant qu’il devrait emprunter pour refinancer des échéances de dette totalisant 2,35 milliards au cours des 3 prochaines années. Dès juin 2013, il pourrait être confronté à une échéance de 581 millions provenant d’une option de vente sur une convertible de maturité 2025.
«Sans rentrée de cash, Alcatel-Lucent ne disposera que de 638 millions de liquidités excédentaires fin 2015, un niveau insuffisant pour assurer la pérennité de ses activités», pronostique Cheuvreux Crédit Agricole.
Si ce financement bancaire lui permettrait de gagner du temps, l’équipementier restera handicapé par «une taille critique insuffisante sur la plupart de ses marchés», relèvent les analystes de Société Générale, en ajoutant que la cession ultérieure des actifs mis en garantie contribuerait à diminuer davantage son chiffre d’affaires.
Un cercle vicieux pour un groupe qui s’apprête à supprimer encore plus de 1.400 emplois sur les 9.000 postes qui lui restent en France.
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