Un poids lourd de l’énergie voit le jour aux Etats-Unis

Ensemble, Duke Energy et Progress Energy pèseront plus de 36 milliards de dollars en bourse. L’opération sera scrutée par l’autorité de la concurrence
Antoine Duroyon
Une centrale nucléaire de Progress Energy aux Etats-Unis, photo: Bloomberg
Une centrale nucléaire de Progress Energy aux Etats-Unis, photo: Bloomberg  - 

Plus de cinq ans après avoir signé le rachat de Cinergy pour 10,5 milliards de dollars, Duke Energy a dévoilé lundi un nouveau bond en avant. Le groupe basé à Charlotte, en Caroline du Nord, va lancer une offre amicale en titres sur son rival Progress Energy. Fixée à 2,6125 actions Duke pour chaque titre Progress détenu, l’offre d’échange s’élève à 46,48 dollars par action si l’on retient le cours de clôture de vendredi. Soit un total de 13,7 milliards de dollars (10,6 milliards d’euros) pour une modeste prime de 3,9%. A 8,6 fois l’Ebitda, la proposition de Duke se situe dans la moyenne des opérations de rachat comparables.

La nouvelle entité va collectionner les premières places dans le secteur des utilities: en termes de capitalisation boursière (36,5 milliards de dollars), de valeur d’entreprise (65 milliards de dollars) et de capacités de production (57 gigawatts). Avec un chiffre d’affaires de quelque 23 milliards de dollars et 30.000 employés, le groupe fusionné comptera plus de 7 millions de clients dans six Etats (Caroline du Nord, Caroline du Sud, Floride, Indiana, Kentucky et Ohio). Ses capacités détenues se répartiront entre le charbon (42%), le gaz/pétrole (35%), le nucléaire (16%) et l’hydro/éolien (7%).

Engagés dans une stratégie de développement d’actifs plus respectueux de l’environnement, au détriment du charbon, les deux acteurs comptent sur cette fusion pour accroître leurs investissements. Le groupe a notamment lancé la construction d’une usine de gazéification du charbon dans l’Indiana, tandis que Progress a dû reporter l’implantation de réacteurs nucléaires en Caroline du Nord et en Floride. Avec sept stations et douze unités de production affichant une capacité détenue totale d’environ 9 gigawatts, le nouveau groupe contrôlera le premier parc nucléaire régulé.

Présidé par James Rogers, actuel PDG de Duke, ce nouveau poids lourd va permettre de dégager des économies d’échelle significatives, estiment les analystes. L’opération devrait être relutive en termes de bénéfices dès la première année d’exercice. Le bouclage de l’opération est quant à lui attendu pour la fin de l’année 2011. Les autorités compétentes vont étudier ce cas avec attention, 85% de l’Ebit projeté pour 2010 au sein de la nouvelle structure dérivant d’activités régulées.

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