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Un nouvel indice révèle le manque de durabilité des clubs de football cotés
Un nouvel indice révèle le manque de durabilité des clubs de football cotés
Les clubs de football cotés en Bourse sont, en matière d’ESG, au niveau où étaient les banques il y a quinze ou vingt ans.
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Adrien Paredes-Vanheule
L’équipe de France de football lors de la demi-finale du Mondial 2018, parade de Hugo Lloris.
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Photo FIFA.
Les clubs de football européens cotés en Bourse vont retrouver un indice de référence, ce lundi 28 mars. Un an et sept mois après la disparition de l’indice historique du secteur Dow Jones Stoxx Europe Football Index, l’agence de notation extra-financière Standard Ethics dévoile le SE European Football Index. Un indice, annoncé à l’été 2021, dont la particularité est d’évaluer les caractéristiques environnementales, sociales et surtout de gouvernance (ESG) des 15 plus gros clubs de football européens actuellement cotés. L’objectif étant à la fois de fournir un aperçu de la durabilité au sein de l’industrie et de la communauté du football et de suivre les mesures prises par les clubs européens dans ce domaine.
«Nous avons considéré les clubs cotés comme n’importe quelle société devant prendre en compte les standards de durabilité préconisés par les institutions telles que l’Union européenne, l’OCDE ou l’ONU. Nous entendons mesurer la distance qui existe entre la société et les indications de durabilité fournies par les organisations internationales», explique Jacopo Schettini Gherardini, directeur général et de la recherche de Standard Ethics à L’Agefi.
Les composants de l’indice, qui sera mis à jour en septembre et en mars, seront pondérés en fonction des notes attribuées par la firme aux clubs, et plus cette note est élevée, plus le poids du titre dans l’indice est important. Outre la capitalisation boursière des 15 clubs, d’autres facteurs ont joué dans la sélection des titres : la disponibilité des données ESG, les rapports extra-financiers et financiers, la qualité de la divulgation et la disponibilité d’une documentation multilingue. L’analyse s’est basée uniquement sur la documentation publique et a été effectuée directement par des analystes, sans utiliser aucun logiciel, précise l’agence de notation.
Un retard flagrant
Standard Ethics a prévu d’évaluer trois variables des clubs cotés : la gouvernance des clubs, les événements se déroulant sur le terrain pendant les matchs des clubs de football cotés, les événements dans le stade et les supporters. «Pour l’instant, nous ne nous sommes intéressés qu’à la première étape. Il est difficile d’aller plus loin à ce stade car les clubs de football cotés ont déjà beaucoup à faire avec leur politique de durabilité. Nous pensons être capables de creuser les autres aspects dans les prochaines années», indique Jacopo Schettini Gherardini. Pour lui, les clubs portent le même regard que celui des banques sur l’ESG il y a quinze ou vingt ans, quand celles-ci pensaient que l’ESG n’était qu’un banal additif pour leurs rapports d’entreprise.
Il faut dire que le bilan ESG des 15 équipes cotées étudiées est pour le moins décevant. Le niveau de divulgation des clubs de football européens cotés en Bourse sur les questions de durabilité est faible, relève Standard Ethics. Leurs rapports publics ne sont pas de haute qualité, notamment sur l’extra-financier, les traductions laissent à désirer. S’y ajoutent l’absence de codes d’éthique et de politiques de durabilité ou leur mauvaise structuration quand il en existe.
Mauvaises notes
Les clubs sont notés de EEE (excellent) à F (non durable). Le club allemand du Borussia Dortmund obtient la meilleure note du groupe, EE+, ce qui revient à dire que ses politiques ESG sont adéquates par rapport aux standards de durabilité portés par les organisations internationales. Suit la Juventus Turin avec un E+, un score de durabilité bas. Il s’agit des deux seuls clubs pour lesquels il existe des politiques de durabilité structurées et clairement orientées, ainsi que des rapports extra-financiers standard selon Standard Ethics. «La Roma et peut-être l’Ajax Amsterdam vont aussi dans cette direction. Nous n’avons pas eu la même impression pour les autres clubs. Ils travaillent peut-être sur la mise en œuvre de standards mais ils n’ont pas communiqué sur le sujet.» Dix autres clubs, dont l’Olympique lyonnais, sont notés E, un score de durabilité très bas. Enfin, trois clubs – deux turcs et un portugais – sont crédités d’un E- et considérés non durables.
«Certains clubs étaient ravis de voir notre travail et prêts à nous donner plus d’informations extra-financières. Nous avons compris que la durabilité faisait partie de leur futur. Mais d’autres clubs nous ont clairement dit qu’ils n’étaient pas intéressés par la durabilité. Peut-être que ceux-ci ne veulent pas avoir affaire à une agence de notation sur ce sujet», expose Jacopo Schettini Gherardini.
Bientôt une évaluation des clubs non cotés
Le SE European Football Index pourrait possiblement tenter d’autres clubs pour une éventuelle cotation. Mais, selon le directeur général de Standard Ethics, il faudrait d’abord que ces clubs soient prêts à faire face aux investisseurs et à s’habituer à une relation transparente avec les marchés.
L’agence de notation évaluera prochainement l’élargissement de son analyse aux clubs de football non cotés, en se concentrant sur la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne. «Quand un investisseur physique utilise son propre argent pour financer un club, il ou elle se peut sentir moins concerné(eà par les problématiques ESG. Avoir des investisseurs institutionnels au capital d’un club peut donner plus de force et attirer davantage l’attention sur l’ESG», estime Jacopo Schettini Gherardini. L’amélioration de la gouvernance des clubs de football européens cotés reste pour lui la priorité.
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