Un nouveau géant du gaz naturel voit le jour en Amérique du Nord
Voilà un coup de tonnerre qui a de quoi faire sursauter le marché des fusions-acquisitions. Les prédateurs sont toujours disposés à mettre le prix fort si l’enjeu stratégique le justifie. En l’occurrence, Kinder Morgan a jeté hier son dévolu sur son concurrent El Paso en vue de donner naissance au numéro un nord-américain de l’exploitation de pipeline de gaz naturel. Le patron du groupe de Houston, Richard Kinder, continue ainsi selon un analyste à «faire l’histoire en façonnant le paysage nord-américain de l’énergie».
L’offre mixte envisagée de 26,87 dollar par titre de la cible représente une prime de 37% sur le cours de clôture de vendredi. Elle se décompose pour chaque titre apporté en 14,65 dollars en numéraire, 0,4187 action de l’acheteur et 0,65 warrant de l’acheteur, une option de titres Kinder Morgan pour 40 dollars valable cinq ans. Soit un montant total de 9,6 milliards de dollars en titres et de 11,5 milliards en cash. Dette comprise, pour 16,7 milliards de dollars, la valeur d’entreprise d’El Paso s’établit ainsi selon l’offre à 37,8 milliards de dollars. Soit la deuxième plus importante opération annoncée dans le monde cette année juste derrière les 39 milliards qu’entend consacrer AT&T au rachat de T-Mobil USA.
La transaction devrait créer le quatrième groupe nord-américain de l’énergie, Kinder Morgan visant des synergies de coûts annuelles de quelque 350 millions de dollars. Soit tout de même 5% de l’excédent brut d’exploitation actuel du nouvel ensemble. Le nouveau projet met un terme à celui d’El Paso dévoiler en mai de scinder son activité d’exploration, même si Kinder Morgan pourrait la céder, pour six milliards de dollars selon une source citée par Bloomberg.
Les banques conseillant les parties ont elles aussi ont de quoi se frotter les mains. Selon Freeman & Co en effet, elles pourraient se partager jusqu’à 145 millions de dollars en commissions de M&A. A savoir de 45 à 65 millions côté Kinder Morgan pour Evercore Partners et Barclays Capital, et entre 55 et 80 millions côté El Paso pour Morgan Stanley et Goldman Sachs. Cela sans compter pour Barclays les commissions attendues pour avoir financé en intégralité la part en numéraire de la transaction, travail pour lequel la banque britannique pourrait percevoir une commission de 0,5 à 0,8%, toujours selon Freeman & Co.
Sous réserve d’approbation réglementaire, la transaction pourrait être finalisée au deuxième trimestre 2012.
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