Outre la succession d’EDF, l’Etat devra aussi trouver les nouveaux dirigeants de deux administrations publiques clé.
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Alexandre Garabedian
Alexandre Garabedian, directeur de la rédaction de L’Agefi.
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Le gouvernement s’est enfin résolu à débrancher EDF de la Bourse. Le Meccano financier qui s’ensuivra, avec une profonde réorganisation du groupe énergétique à la clé, se double d’un chantier RH immédiat : lui trouver un nouveau patron. Ce n’est pas le seul recrutement auquel l’Etat devra procéder ces prochaines semaines dans la sphère économique. Le degré d’urgence est à la hauteur du flottement observé depuis l’élection présidentielle.
Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF depuis près de huit ans, et âgé de 67 ans, devait rendre son tablier au printemps 2023. Ses relations avec son principal actionnaire se sont rafraîchies à mesure que les pouvoirs publics forçaient le groupe à subventionner massivement ses concurrents. Il faut un nouveau capitaine pour écrire le chapitre que l’électricien s’apprête à feuilleter à l’abri du regard des marchés actions. Or la fiche de poste a de quoi effrayer plus d’un candidat. L’impétrant devra maîtriser les grands programmes industriels, savoir négocier avec Bruxelles, et gérer les susceptibilités d’un corps social vent debout contre l’idée d’un démantèlement. Le tout pour une rémunération aux standards du service public.
La Bourse se préparant déjà à un retrait de cote, tout plaide pour un processus de succession rapide, et un départ de Jean-Bernard Lévy avant la fin de son mandat. Mais en matière de ressources humaines aussi, l’Etat est piètre stratège et gestionnaire. Engie, dont il premier actionnaire, avait mis huit mois pour nommer la remplaçante d’Isabelle Kocher, poussée vers la sortie début 2020.
Qui succèdera à Robert Ophèle ?
Deux autres postes, moins visibles du grand public mais tout aussi importants pour la vie des affaires en France, restent à pourvoir à la date du 11 juillet. L’Agence des participations de l’Etat est pilotée par intérim par Stéphanie Besnier depuis le 1er juin. Le départ du précédent commissaire, Martin Vial, a été officialisé mi-mai. Voilà donc deux mois que l’incarnation de l’Etat actionnaire, appelé à jouer les premiers rôles dans la gouvernance d’EDF ou d’Air France-KLM, attend d’être fixée sur la sienne.
Quant à l’Autorité des marchés financiers, elle se prépare à dire adieu à son président Robert Ophèle fin juillet. Le job est moins médiatisé que celui de patron d’une grande entreprise publique. L’institution peut-elle pour autant se permettre de rester trop longtemps dans le flou ? Le gendarme des marchés a connu ces derniers mois plusieurs défections de cadres reconnus, à destination du secteur privé. Si l’incertitude actuelle n’explique pas tous les choix de carrière, elle n’incite pas non plus les hauts potentiels à projeter leur avenir dans l’administration. A l’heure où toutes les organisations peinent à recruter et retenir les meilleurs talents, l’Etat DRH serait bien inspiré de se mettre au niveau de la concurrence.
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