Un an après, la marée noire pèse toujours sur la valorisation de BP
Malgré les milliards de dollars engagés, BP n’a toujours pas réparé les dégâts de la marée noire du puits de Macondo dans le golfe du Mexique. Un an après, les séquelles restent visibles sur le littoral. Et en Bourse, la major britannique ne s’est toujours pas remise de l’explosion de sa plate-forme. L’action a bien repris 53% par rapport aux plus bas touchés fin juin 2010. Mais en tenant compte de ce rebond, elle affiche toujours un repli annuel de 30%. Et selon Citigroup, en intégrant la hausse de 27% en moyenne des autres majors en un an, la perte de valeur pour BP atteint 82 milliards de dollars.
Le plan de cession d’actifs d’urgence (21 milliards de dollars ont déjà été vendus sur les 30 milliards programmés), la suspension du dividende pendant trois trimestres et la génération de 13 milliards de cash-flows ont pourtant ramené l’endettement à 21% des fonds propres fin 2010 et fait disparaître les inquiétudes sur sa solidité financière. Reste les doutes, plus profonds, sur la stratégie menée par Bob Dudley, le directeur général de BP.
Annoncé «plus fort» par son dirigeant, le nouveau BP ne sera pourtant pas visible avant 2013, indique la Société Générale. Avec les 30 milliards de dollars récoltés de la cession d’actifs pour la plupart matures, la major a les moyens de se redéployer dans de nouvelles zones, plus prometteuses. Les alliances avec l’indien Reliance et avec le russe Rosneft vont dans le bon sens, en utilisant les compétences historiques du groupe dans l’exploration. Mais la complexité du dossier russe démontre à quel point ces projets sont longs à concrétiser. Et «les investisseurs devront encore supporter un long temps mort pour juger du succès, avec une croissance anémique et une augmentation des investissements», préviennent les analystes de Citigroup, toujours à «conserver» sur la valeur, comme environ la moitié du consensus Bloomberg.
D’autant que si 22 milliards de dollars de perte de valeur peuvent être directement attribués aux conséquences financières de la marée noire, les risques intangibles se montent encore à 35 milliards selon Citigroup. Ce qui limiterait le potentiel de «recréation» de valeur à seulement 25 milliards, 15% de la capitalisation actuelle de BP.
Ce risque, la moitié du consensus est néanmoins prête à le prendre. JPMorgan avance un chiffre pour se convaincre. Le ratio cours sur bénéfice de BP n’est actuellement que de 6,4, soit 22% de moins que celui de Royal Dutch Shell.
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