Uber et Lyft devront se préparer à salarier leurs chauffeurs
Coup dur pour les acteurs de la «gig economy», les indépendants qui travaillent pour des plates-formes du type Uber, Lyft ou encore Deliveroo. Le Sénat californien vient d’adopter un projet de loi qui pourrait imposer à ces sociétés de requalifier les accords avec leurs chauffeurs ou livreurs en contrats de travail. De quoi assurer une protection à tous ces travailleurs, mais de quoi inquiéter toutes les sociétés concernées, qui risquent de voir leurs charges de personnel exploser. Elles seraient notamment tenues de verser un salaire minimum et de payer les heures supplémentaires.
Accorder le statut de salarié aux chauffeurs d’Uber et de Lyft en Californie pourrait engendrer un coût supplémentaire annuel de 2.000 à 3.600 dollars par personne, selon une étude de Barclays et Macquarie. Soit 500 millions annuels pour Uber pour la seule Californie. Et comme cet Etat donne souvent le ton législatif aux autres territoires américains, Uber et Lyft peuvent s’inquiéter. Pour Morgan Stanley, ce changement de législation entraînera une hausse de 35% des coûts des deux groupes.
Des cotations difficiles
Cette mesure n’arrive pas vraiment au meilleur moment pour les deux premiers acteurs des services de VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur), Uber et Lyft, qui, toujours non rentables, continuent à accroître leurs pertes. En août, Uber a publié la plus lourde perte nette trimestrielle de son histoire, de 5,2 milliards de dollars, pour une perte opérationnelle de 656 millions, malgré une hausse de 14% de son chiffre d’affaires, à 3,2 milliards, légèrement en dessous des attentes du marché. Pour sa part, Lyft expliquait, cet été, que la guerre des prix avec Uber se relâchait, ce qui lui a permis de relever ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice. Néanmoins, il a affiché une perte nette de 644 millions de dollars pour le deuxième trimestre, bien que son chiffre d’affaires ait bondi de 72%, à 867 millions.
Juste avant ce vote californien, Uber avait annoncé la suppression de 435 emplois dans ses équipes d’ingénieurs et produits, soit 8% des effectifs de chacune de ses divisions, mais moins de 2% de ses effectifs mondiaux (27.000 salariés). En juillet, le groupe avait déjà réduit d’un tiers son service marketing, en supprimant 400 postes.
En outre, le parcours boursier des deux groupes reste difficile. Uber cède 23% depuis sa cotation en mai dernier, à 45 dollars par action, en bas de la fourchette indicative, tandis que Lyft abandonne 33% depuis son entrée sur le Nasdaq fin mars à 72 dollars, au-dessus de la fourchette initiale de 62 à 68 dollars.
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