A 45 dollars par action, Uber joue la prudence pour son IPO
Le spécialiste du VTC a retenu, jeudi, le bas de sa fourchette d’introduction, visant une valorisation de 82 milliards.
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Capucine Cousin
La plus grosse introduction en Bourse pour une valeur technologique depuis 2014… et l’entrée dans l’âge adulte pour Uber, après dix ans d’histoire tumultueuse.
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Bloomberg
Uber Technologies a choisi la prudence. Pour son IPO ce vendredi au New York Stock Exchange, le spécialiste de la voiture de transport avec chauffeur (VTC) a finalement retenu un prix d’introduction de 45 dollars par action, en bas de la fourchette initiale, qui était de 44 à 50 dollars. A ce cours, Uber affiche une valorisation d’environ 82,4 milliards de dollars (73,45 milliards d’euros). Il compte placer 180 millions d’actions, pour lever jusqu’à 9 milliards de dollars, et 27 millions d’actions supplémentaires potentiellement vendues par ses investisseurs déjà existants pour un montant pouvant atteindre 1,35 milliard de dollars.
Certes, comme les marchés financiers l’attendaient, cela en fera la plus grosse IPO technologique depuis 2014, dans une année 2019 qui s’annonce faste en arrivées sur le marché de valeurs technologiques. Ce sera la plus grosse IPO aux Etats-Unis depuis la société chinoise Alibaba en 2014. Et l’entrée dans l’âge adulte pour Uber, après dix ans d’histoire tumultueuse.
Le montant d’introduction est nettement inférieur aux 100 milliards de dollars qu’ambitionnait initialement l’entreprise – et aux potentiels 120 milliards vantés en octobre dernier par plusieurs banques.
De cette manière, les banques – menées par Morgan Stanley – adoptent une «approche conservatrice», prenant acte du retour de la frilosité sur les places boursières, en baisse pour la quatrième journée d’affilée. En cause, l’ouverture, jeudi, d’un nouveau cycle à haut risque de négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Uber subit aussi la dégringolade boursière de son rival américain Lyft, entré en fanfare fin mars, mais dont le prix d’introduction a chuté de 72 dollars à 55,18 dollars jeudi.
Alors, Uber suscite une certaine prudence des investisseurs. D’autant qu’il a perdu 3,03 milliards de dollars en 2018 et a annoncé une perte nette part du groupe d’environ un milliard de dollars au premier trimestre 2019, sur un chiffre d’affaires d’environ 3 milliards.
Rien n’est encore joué pour Uber, cependant. Dans une note publiée le 6 mars, le gérant d’actifs Morningstar disait s’attendre à 58 dollars par action, pour une valorisation de 110 milliards de dollars. «Uber va atteindre 30% de parts de marché sur le marché des VTC d’ici à 2023», relève le gérant d’actifs. Et «il atteindra 650 milliards de dollars de marché potentiel», parce qu’il a déjà su l’élargir, en Amérique, en Europe et en Asie, «aux taxis, au partage de véhicules, de vélos et de scooters, et à l’industrie de livraison de repas à domicile».
En dehors des poids lourds Ryanair, EasyJet et Wizz Air, ce segment de marché attire les compagnies traditionnelles qui convoitent une part plus importante de la clientèle touristique.
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