Trop d’incertitudes font plonger PSA Peugeot Citroën

Une augmentation de capital de 3 milliards d’euros lèverait les doutes financiers mais ne réglerait pas les lacunes industrielles du constructeur
Olivier Pinaud

Une levée de fonds de 3 milliards d’euros représentant la quasi-totalité de la capitalisation du groupe, l’entrée de l’Etat français et du chinois Dongfeng au capital et un risque de dégradation des relations avec le partenaire actuel General Motors. Face à cet afflux de nouvelles négatives le cours de l’action PSA Peugeot Citroën a chuté de 9,06% hier, pour finir à 11,24 euros.

«Comme évoqué lors de sa dernière communication financière, PSA Peugeot Citroën confirme étudier des nouveaux projets de développement industriel et commercial avec différents partenaires, ainsi que les modalités de financement qui les accompagneraient. Aucun de ces projets n’est arrivé à maturité à ce stade», s’est contentée de répéter la direction du constructeur automobile. Un conseil de surveillance est prévu pour le 22 octobre prochain, notamment pour clôturer les comptes du troisième trimestre. Mais l’avancée des discussions sera évidemment au cœur des débats.

De nombreux analystes s’étonnent de la taille de l’augmentation de capital évoquée. «Tout dépendrait des termes de l’opération, mais nous considérons qu’une augmentation de capital aussi importante serait négative pour les actionnaires actuels en raison de son probable effet de dilution», indiquent les analystes actions de Citi. Selon Natixis, en supposant une décote ex-droit préférentiel de souscription de 32% comme lors de l’augmentation de capital d’un milliard d’euros réalisée début 2012, soit un cours de 8,2 euros, cela reviendrait à créer 366 millions d’actions nouvelles. Le groupe en compte actuellement 355 millions.

Cet apport de fonds propres serait évidemment utile face à la consommation de cash du groupe, estimée encore à 2,5 milliards d’euros entre 2013 et 2014, aux besoins d’investissement dans le futur et à la dette (2,7 milliards d’euros d’échéances entre 2014 et 2015). Mais la gouvernance entre l’Etat français, qui détiendrait 25% du capital, le chinois Dongfeng (25%), la famille Peugeot (potentiellement diluée à 12,5%) et General Motors (3,4%) s’annoncerait explosive. Le groupe américain pourrait d’ailleurs user de la montée d’un nouvel actionnaire au-dessus des 10% pour sortir de l’alliance conclue l’an dernier avec PSA. Jusqu'à présent, cette alliance n’est pas allée aussi loin qu’initialement espéré.

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