Total et le japonais Inpex misent 34 milliards de dollars dans le gaz naturel liquéfié en Australie
Le projet d’Ichthys dans le gaz naturel liquéfié (GNL) entre Total et le japonais Inpex est enfin sur les rails en Australie. Les deux entreprises viennent d’approuver l’investissement global de 34 milliards de dollars (26 milliards d’euros, dont 45% liés à des travaux d’ingénierie) qui leur permettra à partir de fin 2016 d’exploiter des réserves offshore estimées à 3 milliards de barils équivalent pétrole, dont 500 millions de barils de condensats (type de pétrole léger). Avec 8 projets en développement sur son territoire, le pays entend à cette échéance «faire jeu égal avec le Qatar en tant que premier exportateur de GNL», a indiqué le ministre de l’énergie australien Martin Ferguson.
Contrôlé à 18,9% par le ministère du commerce japonais, Inpex est l’opérateur du projet avec une participation actuelle de 72,8%. Le plus important explorateur nippon d’hydrocarbures a reçu «des retours positifs» de la part de la dizaine de banques japonaises, françaises et australiennes réunies pour financer environ la moitié de sa quote-part d’investissements. Le groupe mène par ailleurs des discussions avec son partenaire français qui souhaite porter sa participation de 24% à environ 30%, le reste du capital étant actuellement partagé entre Tokyo Gas, Osaka Gas et Toho Gas.
La production du gisement d’Ichthys (8,4 millions de tonnes par an) a été vendue sur 15 ans à des acheteurs taiwanais et japonais, dont Inpex, ainsi qu’à la filiale de négoce gazier de Total qui prendra livraison chaque année de 0,9 million de tonnes pour approvisionner ses clients. «Le coût du projet est supérieur d’environ 70% aux premières estimations datant de 2008», relève le bureau d’analyse de CM-CIC Securities en jugeant néanmoins qu’il apportera une contribution positive à la rentabilité des activités amont du pétrolier français.
Le coût par tonne produite fait d’Ichthys «le projet de GNL le plus cher en Australie», estime de son côté Neil Beveridge, analyste chez Sandford Bernstein, en soulignant les risques de retards et de dépassements de coûts. L’australien Woodside Petroleum a ainsi indiqué le mois dernier que son projet d’exploration de GNL dans l’Ouest australien serait décalé d’au moins 6 mois et repoussé à 2013, les analystes de Credit Suisse tablant sur un surcoût induit de 20% à 36 milliards de dollars.
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